Abluvion buccale | Hommage à Henri Michaux
Je me suis réveillé un jour des histoires plein les dents.
Des lettres intercalées dans les gencives.
De petites hémorragies de parole
Mes deux mâchoires s’étaient mises en italique.
J’eû beau frotter mes phrases avec force
faire des bains de paragraphes,
Impossible d’arrêter ce flot continu de paroles
qui fit péter les plombs à ma femme et m’emmena consulter.
Aux grands maux les grands moyens.
On m’arracha les 32 majuscules de la bouche
pour y greffer seize accents graves,
huit initiales, quatre enluminures
et un point final.
N.B. Le tout sans anesthésie, cela va sans dire.
Court poème écrit en 2013 en hommage à Henri Michaux.








Ah conte de pavés on se fait retoucher la gueule
esthétiquement parlant j’appelle ça se faire refaire le né autrement que les seintétiques
Michaux un en rit de première bourre..
N-L
Vous soulevez un point très important du michauchisme: vaut-il mieux trueller la bouche du voisin ou refacader ses propres pensées ?
Comme Monmartre, Michaux trempe d’abord le funiculaire dans le Bateau-Lavoir avant de se risquer à se faire laver les pieds au Sacré-Coeur…
… pendant Passe-muraille se goufraille les chicots. Y aura-t-il un jour un bon âne pour libérer ce poivre haut ?
L’élevage de l’âne étant détourné par le Ministre de l’Education Nationale, le chardon se raréfie…
Nul n’est censé ignorer que le chardon né dans les caves de la rue Lepic, ne verra, finalement et heureusement, plus le jour. Je tousse un ouf de soulagement !
L’ouff étant de mode les oiseaux sauvent leur plumet qui n’est plus un signe distinctif, à mon tour de te laisser imaginer mon soulagement…