Illustration inspirée du mythe de Robinson montrant Robinson Crusoé assis sur une île tropicale, lisant un livre, entouré de Vendredi, d’un chien et d’animaux, évoquant le roman de Vendredi ou la Vie sauvage et ses thèmes de solitude, de liberté et d’apprentissage.

Vous retrouverez sur cette page deux résumés du roman Vendredi ou la vie sauvage de Michel Tournier. 😉 Le premier est un résumé court qui tient sur une page 📄, tandis que le deuxième est détaillé pour chaque chapitre.



📘 Résumé court

L’histoire commence le 29 septembre 1759, lorsqu’une terrible tempête éclate au large des côtes du Chili. À bord d’un navire appelé La Virginie, un jeune Anglais nommé Robinson Crusoé voyage vers l’Amérique du Sud pour faire du commerce. Soudain, les vagues deviennent gigantesques et le bateau s’écrase contre des rochers. Robinson est le seul survivant. Il se réveille sur une plage déserte, entouré de poissons morts et de débris du navire. Au début, il pense qu’il va être sauvé rapidement, mais il réalise vite qu’il est seul sur une île qu’il ne connaît pas.    

Désespéré et très triste, Robinson commence par faire des choses étranges parce qu’il n’a personne à qui parler. Il perd un peu la tête et se comporte comme un animal : il se roule dans la boue d’un marécage, ce qu’on appelle la « souille », avec des cochons sauvages. Il ne se lave plus et marche à quatre pattes. Mais un jour, il a une vision de sa sœur qui lui donne le courage de se reprendre en main. Il décide alors de redevenir un « homme civilisé » et de transformer son île, qu’il baptise Speranza (ce qui signifie « espérance »).    

Robinson se met au travail avec une énergie incroyable. Il récupère tout ce qu’il peut dans l’épave du navire : des outils, des armes, des graines et même une Bible. Il essaie d’abord de s’échapper en construisant un grand bateau appelé L’Évasion, mais il commet une erreur d’écolier : il le construit trop loin de la mer. Le bateau pèse cinq cents kilos et il est impossible de le faire glisser jusqu’à l’eau. Forcé de rester sur l’île, il devient un véritable chef. Il crée des lois, un calendrier pour ne pas oublier les jours, et même une horloge à eau, la clepsydre. Il domestique des chèvres, cultive du blé pour faire du pain et construit une maison solide ainsi qu’une forteresse pour se protéger. Il s’habille même tous les soirs pour dîner, comme s’il était encore en Angleterre, pour ne pas oublier ses bonnes manières.    

Sa vie change totalement le jour où il sauve un jeune Indien qui allait être sacrifié par les membres de sa tribu sur la plage. Robinson le nomme Vendredi, car c’est le jour de leur rencontre. Au début, Robinson se comporte comme un maître sévère. Il oblige Vendredi à porter des vêtements de marin qui le gênent, à apprendre l’anglais et à travailler dur dans les champs. Vendredi devient son serviteur et doit obéir à toutes ses règles, même si elles lui semblent absurdes. Robinson est content d’avoir un compagnon, mais il ne cherche pas vraiment à connaître Vendredi ; il veut juste en faire un petit Anglais civilisé.    

Mais Vendredi est un esprit libre qui préfère jouer, rire et vivre en harmonie avec la nature. Il fait souvent des bêtises aux yeux de Robinson, comme fumer sa pipe en cachette ou jouer avec le chien Tenn. L’événement le plus important du livre se produit quand Vendredi provoque par accident une explosion gigantesque. Il jette une pipe allumée dans la grotte où Robinson cachait ses quarante tonneaux de poudre noire. L’explosion détruit tout : la maison, la forteresse, les récoltes et toutes les provisions de Robinson.    

C’est une catastrophe, mais c’est aussi un nouveau départ. Au lieu d’être en colère, Robinson se sent libéré de toutes ses règles fatigantes. Il réalise que Vendredi a raison : on peut être heureux sans posséder de maison ou de richesses. Robinson change complètement de caractère. Il rase sa barbe, laisse pousser ses cheveux et brûle sa peau au soleil. Il ne veut plus être le maître de Vendredi, il veut être son frère. Les deux amis inventent une nouvelle façon de vivre sur Speranza. Ils ne travaillent plus pour accumuler des choses, mais ils passent leur temps à jouer, à danser et à admirer la beauté de l’île.    

Vendredi apprend à Robinson des techniques incroyables. Ils fabriquent un grand cerf-volant avec la peau d’un bouc nommé Andoar pour qu’il « vole » dans le ciel. Ils créent aussi une harpe éolienne avec le crâne de l’animal, pour que le vent fasse de la musique tout seul dans les arbres. Robinson découvre la poésie : il ne voit plus seulement un papillon blanc, il voit une « marguerite qui vole ». Sa vie est devenue une fête permanente sous le soleil.   

Plusieurs années plus tard, un navire anglais appelé le Whitebird arrive sur l’île. Les marins qui débarquent sont méchants et brutaux. En les voyant, Robinson se rend compte qu’il n’a plus du tout envie de retourner dans le monde des hommes civilisés, rempli de guerres et de méchanceté. Il choisit de rester sur son île. Vendredi, lui, est attiré par le grand bateau et décide de partir pour découvrir le monde. Robinson est triste de perdre son ami, mais il découvre qu’un jeune garçon du navire, le mousse Jean Neljapaev, s’est caché sur l’île pour échapper aux mauvais traitements des marins. Robinson l’accueille avec joie et le renomme Dimanche. Une nouvelle aventure commence pour eux, dans la liberté et le bonheur de la vie sauvage.    


📑 Résumé par chapitre

Chapitre 1

Le 29 septembre 1759, le navire La Virginie traverse une terrible tempête près des côtes du Chili. Robinson voyage à bord pour rejoindre Valparaiso et faire du commerce. Pendant que l’ouragan gronde, le capitaine van Deyssel reste calme et joue aux cartes avec lui. Il explique : « on part quand on le veut, mais on arrive quand Dieu le veut ». Soudain, la situation devient effrayante. Le bateau cesse de bouger et semble bloqué sur des récifs. Les marins essaient de mettre un canot à l’eau, mais une vague gigantesque s’abat sur le pont. Elle emporte les hommes et le matériel dans la nuit déchaînée.

Chapitre 2

Lorsque Robinson se réveille, il est allongé sur une plage après le naufrage de La Virginie. Son épaule lui fait mal, mais il est vivant. Autour de lui, la mer a rejeté des poissons morts, des algues et des coquillages brisés. En voyant l’épave du navire au loin, il comprend l’ampleur du désastre. Robinson traverse ensuite une forêt épaisse et silencieuse. Il rencontre un bouc sauvage et l’assomme avec une massue. Plus tard, du haut de grands rochers, il découvre avec horreur qu’il se trouve seul sur « une île déserte ». Épuisé et triste, il mange un ananas sauvage avant de s’endormir sous une pierre.

Chapitre 3

Au réveil, Robinson retrouve un peu d’espoir. L’île lui paraît moins effrayante qu’au premier jour. Il pense même qu’il vaut mieux être seul que vivre parmi « des cannibales ». En revenant vers la plage, il découvre les vautours en train de dévorer le bouc qu’il a tué. Il récupère la viande et fait cuire un morceau au-dessus d’un feu. Cette flamme le rassure et devient essentielle pour survivre. Robinson construit ensuite plusieurs signaux pour attirer un navire. Pourtant, les jours passent sans secours. Il vit de coquillages, de fruits et d’œufs, tandis que les vautours noirs le suivent partout comme des ombres menaçantes.

Chapitre 4

Robinson cesse d’attendre un secours qui ne vient pas. Il décide alors de construire un bateau pour rejoindre le Chili. Pour cela, il doit retourner sur l’épave de La Virginie. Avec des rondins attachés par des lianes, il fabrique un radeau et atteint le navire échoué. À bord, tout est en désordre, mais il découvre des objets précieux : des armes, des outils, des biscuits, des planches et une Bible. Il trouve aussi quarante tonneaux de poudre noire cachés dans la cale. Robinson transporte patiemment tout ce matériel jusqu’à l’île. Puis, plein d’espoir, il commence à construire une embarcation qu’il nomme déjà « L’Évasion ».

Chapitre 5

Robinson travaille sans relâche à la construction de son bateau, L’Évasion. Avec très peu d’outils, il taille le bois à la hache et assemble les pièces « comme celles d’un puzzle ». Il rêve toujours de quitter l’île. Un jour, il entend un étrange bruit de scie : ce sont en réalité deux énormes crabes qui découpent des noix de coco. Après de longues semaines, Robinson termine enfin son embarcation et fabrique même de la glu pour rendre la coque étanche. Mais au moment de mettre le bateau à l’eau, il découvre son erreur : L’Évasion est beaucoup trop lourde à déplacer. Après plusieurs tentatives épuisantes, Robinson doit renoncer avec désespoir.

Chapitre 6

Après l’échec de L’Évasion, Robinson perd courage. Il passe ses journées dans une « souille », une mare boueuse où les pécaris viennent se rafraîchir. Peu à peu, il vit comme un animal : il marche à quatre pattes, ne se lave plus et mange n’importe quoi. Les gaz du marécage lui troublent l’esprit. Un jour, il croit voir un magnifique galion espagnol rempli de musique, de danseurs et d’enfants vêtus de blanc. Robinson court vers lui avec espoir, mais le navire disparaît. Il comprend alors qu’il a eu une hallucination. Cette vision lui fait peur. Robinson décide enfin de « prendre son propre destin en main » et de recommencer à vivre normalement.

Chapitre 7

Robinson décide d’organiser sa vie sur l’île qu’il appelle désormais « Speranza », c’est-à-dire l’espérance. Il explore les lieux, installe ses réserves dans une grotte et récupère de nombreux objets de La Virginie. Grâce à un poisson-hérisson, il fabrique une encre rouge et commence à écrire son journal. Peu à peu, il essaye de transformer l’île sauvage en un endroit plus civilisé. Il construit un enclos pour élever des chèvres, trie les graines sauvées du navire et cultive du blé et de l’orge.

Mais Speranza reste dangereuse. Robinson découvre des vampires, d’immenses chauves-souris qui boivent le sang des animaux, et une pieuvre capable de lancer des jets d’eau avec précision. Par moments, le découragement revient et il retourne dans la « souille », cette boue qui lui fait oublier la réalité. Pourtant, il comprend qu’il doit toujours lutter contre « la paresse, le découragement et le désespoir ».

Après une bonne récolte, il retrouve Tenn, le chien de La Virginie. Heureux, Robinson construit alors une vraie maison confortable. Il fabrique aussi une horloge à eau et un calendrier pour mieux organiser sa nouvelle vie sur l’île.

Chapitre 8

Robinson organise de plus en plus sa vie sur Speranza. Il a peur de redevenir sauvage et de retomber dans la « souille ». Pour rester un homme civilisé, il décide de créer des lois. Le millième jour passé sur l’île, il écrit la « Charte de l’île de Speranza ». Il se nomme gouverneur et impose plusieurs règles étranges, comme parler sans arrêt pour ne pas perdre l’usage de la parole. Il décide aussi que « le vendredi est jeûné » et que le dimanche sera consacré au repos et à la prière.

Un jour, Robinson aperçoit de la fumée sur la plage. Caché dans la forêt avec Tenn et son fusil, il découvre des Indiens araucans venus en pirogue. Il assiste alors à une scène terrible : une sorcière désigne un homme accusé d’être responsable d’un malheur, et celui-ci est sacrifié sous les yeux de toute la tribu. Robinson est horrifié par cette violence.

Après le départ des Indiens, il comprend que l’île peut devenir dangereuse. Il transforme alors sa maison en forteresse. Il creuse un fossé, prépare des pièges, charge ses armes et organise chaque soir une véritable défense militaire. Pourtant, malgré toutes ces précautions, Robinson continue à vivre seul avec Tenn dans une étrange solitude.

Chapitre 9

Après de fortes pluies, Robinson répare sa maison et récolte énormément de céréales. Heureux, il peut enfin refaire du pain. Mais cette abondance attire des rats toujours plus nombreux. Robinson tente de les empoisonner et de les piéger, sans succès. Un jour, il découvre que deux espèces de rats vivent sur l’île : les rats noirs venus de La Virginie et les rats gris sauvages de Speranza. Comprenant qu’ils sont ennemis, il attire les rats noirs dans la prairie des rats gris grâce à une traînée de grains. Une immense bataille éclate dans la nuit et, au matin, « tous les rats noirs périrent ».

Chapitre 10

Un jour, Robinson se regarde dans un miroir retrouvé dans les coffres de La Virginie. Il remarque sa barbe, ses rides, mais surtout son visage triste et sévère. Lorsqu’il essaie de sourire, il découvre avec douleur qu’il n’y arrive plus. La solitude l’a transformé : « il ne savait plus sourire ». Robinson comprend qu’il manque d’êtres humains autour de lui. C’est alors qu’il aperçoit Tenn, son fidèle chien, qui semble lui sourire avec sa drôle de grimace. Très ému, Robinson recommence peu à peu à sourire grâce à lui. Dès lors, ce jeu tendre entre l’homme et le chien redonne à Robinson un visage « souple, humain ».

Chapitre 11

Robinson organise sa vie sur Speranza avec beaucoup de discipline. Chaque matin, il fait sa toilette, lit la Bible et hisse le drapeau anglais devant sa forteresse. Ensuite, il s’occupe de ses chèvres, de ses lièvres chiliens et de ses poissons élevés dans des viviers. Après un rapide repas avec Tenn, il enfile son uniforme de général pour ses activités de l’après-midi. Il construit des ponts, surveille la mer et compte même les tortues auxquelles il donne un numéro. Robinson travaille sans arrêt pour garder une vie ordonnée. Quand il se demande « à quoi et à qui cela servait », il pense aussitôt à la souille et reprend courageusement son travail.

Chapitre 12

Robinson utilise depuis longtemps la grande grotte de Speranza pour ranger ses réserves, ses outils et les dangereux tonneaux de poudre noire. Un jour, poussé par la curiosité, il décide d’explorer le fond de la caverne. Comme il ne peut pas utiliser de torche à cause de la poudre, il avance dans l’obscurité totale. Peu à peu, il perd la notion du temps. Plus loin, il découvre un étroit passage où il glisse nu, enduit de lait caillé. Au fond, Robinson trouve un endroit doux et chaud qui lui rappelle sa mère et son enfance. Il s’y sent tellement bien qu’il risque d’y rester pour toujours. Finalement, il parvient à ressortir, faible et bouleversé.

Chapitre 13

Robinson continue parfois à descendre dans le trou secret de la grotte où il retrouve le calme de son enfance. Pourtant, il craint de devenir paresseux comme autrefois dans la souille. Pour se donner du courage, il travaille énormément et construit une rizière compliquée avec des barrages, des digues et des vannes. Mais il se demande souvent pourquoi il fait tant d’efforts alors qu’il est seul.

Pour lutter contre le découragement, Robinson écrit partout dans l’île des phrases de Benjamin Franklin sur le travail, l’argent et la vertu. Il veut avoir ces devises « toujours sous les yeux ». Un jour, il aperçoit encore de la fumée sur la plage. Les Indiens sont revenus.

Caché avec Tenn près du rivage, Robinson assiste à un nouveau sacrifice. Cette fois, un Indien désigné par la sorcière réussit à s’enfuir. Deux guerriers se lancent à sa poursuite. L’homme court droit vers la forêt où Robinson est caché. Pris de peur, Robinson tire avec son fusil et abat l’un des poursuivants. L’autre s’enfuit. L’Indien sauvé s’agenouille alors devant Robinson et pose humblement sa tête près de ses pieds.

Chapitre 14

Robinson et l’Indien passent la nuit dans la forteresse, inquiets d’une possible attaque des autres Indiens. Pourtant, au matin, la plage est vide : les pirogues ont disparu. Soulagé, Robinson éclate d’un immense rire, « la première fois qu’il riait depuis le naufrage de La Virginie ». Il pense alors à L’Évasion, le bateau qu’il avait construit autrefois. Peut-être que l’Indien pourra enfin l’aider à le mettre à l’eau.

Tous deux se rendent sur l’ancien chantier. Le bateau est caché sous les fleurs jaunes et paraît encore solide. Mais Tenn saute sur le pont, qui s’effondre aussitôt. Robinson découvre alors avec horreur que les termites ont dévoré tout le bois. Quand il frappe la coque, elle se transforme en poussière rouge. L’Évasion est définitivement perdue.

Chapitre 15

Robinson donne à l’Indien le nom de « Vendredi », en souvenir du jour où il l’a sauvé. Peu à peu, Vendredi apprend l’anglais et devient un serviteur très obéissant. Robinson lui enseigne le travail des champs, l’élevage, la cuisine et toutes les règles de la civilisation. Pour Robinson, tout ce qu’il ordonne est « bien », et tout ce qu’il interdit est « mal ». Il paie même Vendredi avec des pièces d’or récupérées dans La Virginie.

Le dimanche, Robinson se promène fièrement sur l’île comme un gouverneur, pendant que Vendredi entretient Speranza. Pourtant, Vendredi apporte aussi des idées nouvelles. Grâce à lui, les déchets sont mangés par des fourmis rouges, et Robinson découvre l’usage des bolas, une arme sud-américaine très efficace.

Enfin, Vendredi construit une petite pirogue légère et solide. Contrairement à L’Évasion, elle réussit parfaitement. Robinson accepte alors de monter à bord avec lui. Ensemble, ils font pour la première fois le tour de Speranza par la mer, suivis de Tenn courant sur la plage.

Chapitre 16

Sur Speranza, tout semble bien organisé : les cultures poussent, les troupeaux grandissent et les maisons se multiplient. Pourtant, Robinson, Vendredi et même Tenn s’ennuient. Vendredi obéit à Robinson, mais il ne comprend pas pourquoi il faut transformer l’île sauvage en pays civilisé. Dès qu’il est libre, il agit à sa manière avec les animaux. Il apprivoise par exemple deux rats, ce qui horrifie Robinson. Plus tard, Robinson découvre aussi Vendredi en train de fabriquer un bouclier avec la carapace d’une tortue encore vivante. Cette cruauté le choque profondément.


Mais Vendredi peut aussi montrer une grande tendresse. Lorsqu’il recueille un petit vautour malade abandonné par ses parents, il le soigne avec patience. Pour le nourrir, il mâche lui-même des asticots avant de les donner à l’oiseau. Robinson est dégoûté par cette scène, mais il admire malgré lui le dévouement de Vendredi envers les animaux qu’il aime.

Chapitre 17

Une nuit, Robinson quitte discrètement la maison pour retourner au fond de la grotte, attiré par ce lieu où « le rêve durait toujours ». Pendant son absence, Vendredi se sent libre et heureux. Sans les règles du gouverneur, il oublie le travail et suit son imagination. Il vide un coffre rempli de vêtements précieux et habille des cactus comme des personnages étranges et ridicules. Puis il court joyeusement sur la plage avec Tenn.

Près de la rizière, Tenn s’enfonce soudain dans la vase et risque de se noyer. Pour le sauver, Vendredi ouvre la vanne de la rizière. Toute l’eau s’écoule et la récolte est détruite. Mais Tenn est sauvé. Vendredi repart alors en dansant, sans regret pour le riz perdu.

Chapitre 18

Quand Robinson sort enfin de la grotte après trente-six heures, il découvre les dégâts causés par Vendredi. Les vêtements précieux de La Virginie pendent aux cactus et la rizière est presque détruite. Robinson se met dans une grande colère, mais il se sent aussi coupable d’avoir abandonné son compagnon pour retourner dans la grotte.

Inquiet de ne plus voir Vendredi, il part à sa recherche avec Tenn. Grâce au chien, il découvre un camp secret caché dans la forêt. Vendredi y a construit un hamac confortable et même une drôle de fiancée en paille pour ne pas être seul. Robinson est surpris et jaloux de voir que Vendredi sait être heureux sans lui.

Soudain, Vendredi apparaît déguisé en « homme-plante », couvert de feuilles et de dessins verts. Il éclate de rire, danse autour de Robinson puis s’enfuit joyeusement vers la mer.

Chapitre 19

La vie continue difficilement sur Speranza. Robinson joue toujours au gouverneur sévère, tandis que Vendredi fait semblant d’obéir. Un jour, Vendredi découvre la cachette du tabac et de la pipe du capitaine van Deyssel. Comme Robinson garde ce plaisir pour « les grandes occasions », Vendredi fume en secret au fond de la grotte.

Pendant ce temps, Robinson revient plus tôt que prévu et appelle Vendredi avec colère. Effrayé, l’Indien entend même le fouet claquer. Pris de panique, il jette la pipe allumée vers le fond de la grotte, là où sont rangés les tonneaux de poudre noire. Quelques secondes plus tard, une gigantesque explosion secoue toute l’île. « Un torrent de flammes rouges » jaillit de la grotte et Robinson perd connaissance.

Chapitre 20

Quand Robinson reprend connaissance après l’explosion, Vendredi tente de le soigner avec de l’eau fraîche. Tous deux sont couverts de suie, mais presque indemnes. Autour d’eux, c’est un véritable désastre : la maison brûle, la forteresse est détruite et les troupeaux s’enfuient dans l’île. Même Tenn est mort, sans doute « de peur ».

Robinson découvre aussi que la grotte est bouchée par des rochers. Toute son œuvre de gouverneur a disparu : les récoltes, les bâtiments, les provisions. Pourtant, il ne ressent pas de colère contre Vendredi. Au contraire, il comprend qu’il était fatigué depuis longtemps de cette vie pleine de règles et d’obligations. Désormais, « ils étaient libres tous les deux ».

Dans la nuit, le grand cèdre s’écroule à son tour avec un terrible fracas, comme si toute l’ancienne vie de Robinson disparaissait définitivement.

Chapitre 21

Après l’explosion, Robinson et Vendredi commencent une vie nouvelle, beaucoup plus libre. Vendredi passe de longues heures dans son hamac à se reposer ou à chasser les oiseaux avec sa sarbacane. Robinson, lui aussi, change profondément. Il coupe sa barbe, laisse pousser ses cheveux et apprend à vivre presque nu sous le soleil. Peu à peu, il devient plus fort et plus heureux.

Avec Vendredi, il joue, court, nage et découvre une autre façon de vivre sur l’île. L’Indien lui apprend surtout à observer la nature. Il fabrique de magnifiques arcs et de longues flèches, non pour tuer, mais « pour le plaisir de les voir planer dans le ciel ». Un jour, une flèche disparaît dans les airs. Vendredi sourit alors mystérieusement : « celle-là ne retombera jamais ».

Chapitre 22

Depuis l’explosion, Vendredi apprend à Robinson une cuisine beaucoup plus simple et libre. Il n’aime ni les casseroles ni les longues préparations compliquées des Européens. Pour cuire les oiseaux, il les enferme dans une boule d’argile avant de les placer dans les braises. Quand la terre cuite est cassée, les plumes restent collées à l’argile et la viande est « tendre et savoureuse ».

Vendredi montre aussi qu’on peut cuire des œufs sans casserole, simplement au-dessus du feu. Il mélange des aliments que Robinson n’aurait jamais associés : viande et coquillages, poisson et ananas, lapin et prunes.

Enfin, il lui apprend à fabriquer du sucre grâce à la sève d’un palmier. Ce sucre devient du caramel au feu et sert à parfumer fruits, viandes et poissons. Robinson découvre alors une cuisine joyeuse et inventive.

Chapitre 23

Pour la première fois, Robinson et Vendredi se disputent vraiment. Vendredi prépare un plat de serpent et de sauterelles qui dégoûte Robinson. Furieux, celui-ci renverse le repas d’un coup de pied. Vendredi se met en colère, mais au lieu de se battre, il fabrique un mannequin habillé comme Robinson et le détruit devant lui. Robinson comprend alors la leçon.

Plus tard, c’est lui qui construit une statue de sable représentant Vendredi pour se moquer de ses étranges repas. Dès ce jour, les deux amis utilisent ces copies pour passer leur colère. Ainsi, « ils vécurent à quatre sur l’île » et gardèrent entre eux seulement « des gentillesses ».

Chapitre 24

Vendredi invente un nouveau jeu très étrange. Un jour, déguisé avec une fausse barbe et un chapeau, il annonce fièrement : « Je suis Robinson Crusoé ». Robinson comprend alors qu’il doit jouer le rôle de l’ancien Vendredi esclave. Il se brunit la peau avec du jus de noix et remet le pagne des Araucans. Les deux amis rejouent ensuite des scènes de leur passé : les cactus habillés, la rizière détruite ou la pipe fumée en cachette. Mais le jeu préféré de Vendredi reste celui où Robinson le sauve des Araucans. Ce jeu aide Vendredi à oublier sa vie d’esclave et permet aussi à Robinson de réparer la dureté qu’il avait autrefois envers lui.

Chapitre 25

Un jour, Vendredi découvre un tonneau de poudre enfoui dans le sable près de l’ancienne forteresse. Robinson comprend qu’il s’agit du dernier tonneau qui n’avait pas explosé. Comme ils n’ont plus de fusils, Robinson se demande à quoi cette poudre peut servir. Mais Vendredi lui montre une autre façon de l’utiliser.

Il jette une poignée de poudre dans le feu, et une magnifique flamme verte apparaît. Selon lui, la poudre enfermée dans un fusil « crie et devient méchante », alors qu’en liberté elle devient belle. Les deux amis s’amusent ensuite à créer de grands feux colorés.

Avec de la résine, ils fabriquent aussi une pâte inflammable pour recouvrir des arbres morts. La nuit, ils les allument ensemble : Speranza devient alors une île illuminée par d’immenses arbres de feu.

Chapitre 26

Robinson avait appris à Vendredi à nommer les choses avec précision. Mais peu à peu, Vendredi lui montre qu’un mot peut aussi faire rêver. Pour lui, « un papillon blanc, c’est une marguerite qui vole ». Robinson commence alors à comprendre que les choses peuvent se ressembler et se répondre. Tous deux inventent ensuite des jeux de devinettes poétiques appelés « Portrait araucan en cinq touches ». Ils décrivent l’océan, Speranza ou Tenn avec des images surprenantes et pleines de poésie. Robinson découvre une nouvelle façon de regarder le monde.

Mais lorsque Vendredi évoque Tenn dans une devinette, Robinson pense à son vieux chien disparu et sent une profonde tristesse monter en lui.

Chapitre 27

Un matin, Vendredi entend son prénom répété dans les arbres. Il découvre alors une colonie de perroquets installée dans un grand tulipier. Ces oiseaux étonnants répètent tous les mots prononcés par Robinson et Vendredi. Très vite, leurs voix deviennent insupportables. Les perroquets répètent sans cesse : « jamais vu », « trop éloignée » ou encore « petits enfants ». Robinson finit même par leur lancer des bâtons avec colère.

Vendredi explique alors que parler trop n’est pas toujours une bonne chose. Il apprend à Robinson à communiquer avec les mains, comme les Araucans. Pendant plusieurs semaines, les deux amis vivent presque en silence. Puis un matin, tous les perroquets s’envolent ensemble vers le large, « comme une pomme » verte dans le ciel.

Chapitre 28

Depuis que les chèvres sont redevenues sauvages, elles vivent en troupeaux dirigés par de puissants boucs. Le plus fort de tous s’appelle Andoar, le roi des chèvres. Vendredi aime lutter contre les boucs et leur passer un collier de lianes quand il les vainc. Un jour, il recueille une petite chèvre blessée qu’il appelle Anda. Malgré l’avis de Robinson, qui veut l’abattre, Vendredi la soigne avec patience jusqu’à ce qu’elle remarche. Anda devient alors sa fidèle compagne et ne quitte plus l’Indien.

Mais bientôt, Vendredi comprend qu’Anda est attirée par Andoar. Une nuit, il voit le grand bouc venir silencieusement près d’eux. Honteux d’avoir retenu Anda contre son gré, il décide de défier Andoar. Leur premier combat tourne mal : Vendredi tombe d’un rocher et se blesse gravement. Pendant sa guérison, Anda disparaît pour rejoindre le roi des chèvres.

Dès qu’il retrouve ses forces, Vendredi repart affronter Andoar. Cette fois, le combat est terrible. Le bouc charge avec violence et blesse encore l’Indien. Finalement, Vendredi se retrouve accroché au dos d’Andoar lancé au galop. Fou de douleur, il lui couvre les yeux pour l’arrêter. Mais la bête continue sa course et tous deux tombent ensemble dans le vide.

Chapitre 29

Robinson a vu de loin la chute de Vendredi et d’Andoar grâce à sa longue-vue. Inquiet, il descend au fond du précipice par un petit sentier de montagne. Il découvre d’abord le corps du grand bouc. Andoar est mort, et Robinson reconnaît autour de son cou la corde colorée de Vendredi. Soudain, il entend rire derrière lui : Vendredi est vivant ! Il est blessé, couvert d’égratignures, avec l’épaule démise, mais il paraît heureux. Anda est restée près de lui et lui lèche la main. Vendredi explique que le roi des chèvres a amorti leur chute et lui a sauvé la vie. Puis il annonce mystérieusement : « Andoar va bientôt voler et chanter. »

Chapitre 30

Quelques jours plus tard, Vendredi retourne près du corps d’Andoar. Il prépare soigneusement la peau du grand bouc. Il coupe la tête, qu’il laisse aux fourmis, puis retire la peau du corps avec patience. Il conserve aussi les intestins qu’il fait sécher dans un arbre. Ensuite, il lave la peau dans la mer afin qu’elle se charge de sable et de sel. Pendant plusieurs jours, il gratte les poils avec un coquillage et tend la peau sur deux arcs de bois. Peu à peu, elle devient lisse et solide comme un tambour. Robinson observe ce travail étrange sans comprendre ce que prépare son ami. Vendredi, lui, répète avec excitation : « Andoar va voler, Andoar va voler », mais il garde son secret jusqu’au bout.

Chapitre 31

Robinson souffre du vertige depuis son enfance. Même monter sur une chaise lui donne peur. Pourtant, depuis qu’il vit avec Vendredi, il essaie de devenir plus courageux. Chaque matin, il grimpe dans un arbre pour combattre sa peur. Ce jour-là, il choisit un immense araucaria. Plus il monte, plus l’arbre bouge dans le vent. Arrivé près du sommet, il regarde en bas et l’angoisse le saisit aussitôt. Il reste paralysé contre le tronc. Puis il comprend qu’il doit regarder le ciel plutôt que le vide. En levant les yeux, il aperçoit un grand cerf-volant doré en forme de losange. Vendredi a tenu sa promesse : grâce à la peau d’Andoar, le roi des chèvres vole maintenant dans le ciel.

Chapitre 32

Vendredi fabrique un immense cerf-volant avec la peau d’Andoar. Il construit d’abord une armature légère avec des baguettes de jonc, puis il tend soigneusement la peau du grand bouc dessus. Dès l’aube, il lance son œuvre dans le vent. Le cerf-volant monte aussitôt dans le ciel « comme un grand oiseau d’or ». Robinson rejoint Vendredi sur la plage, et tous deux regardent longtemps Andoar danser parmi les nuages. Ensuite, Vendredi imite les mouvements du cerf-volant en riant et en chantant, tandis qu’Anda bondit autour de lui.

L’après-midi, les deux amis utilisent Andoar pour pêcher. Une ligne attachée au cerf-volant attire les poissons, et leur pirogue se remplit rapidement de belones argentés. Pendant deux jours, Andoar accompagne Vendredi partout comme un animal vivant. Mais quand le vent disparaît, le cerf-volant tombe dans un champ de fleurs. Vendredi abandonne alors son grand oiseau et semble penser à nouveau à la tête d’Andoar laissée aux fourmis.

Chapitre 33

Les fourmis ont complètement nettoyé la tête d’Andoar. Vendredi récupère le grand crâne blanc aux magnifiques cornes noires et décide de lui donner une nouvelle vie. Avec du bois, des boyaux séchés et beaucoup de patience, il fabrique une harpe éolienne : un instrument que le vent fait chanter. Il fixe aussi des ailes de vautour pour mieux guider l’air vers les cordes. Installée dans un cyprès mort, la harpe produit d’abord une musique faible et triste.

Un mois plus tard, une grande tempête éclate. Vendredi emmène Robinson écouter Andoar « chanter ». Dans la nuit, le vent fait vibrer toutes les cordes, tandis que le cerf-volant attaché dans l’arbre s’agite furieusement. Robinson, Vendredi et Anda restent serrés sous un rocher à écouter cette musique étrange et bouleversante, « comme la plainte du grand bouc ».

Chapitre 34

Un matin, Vendredi aperçoit un navire anglais, le Whitebird, approcher de Speranza. Robinson reste calme, mais il est très ému. En voyant les marins débarquer, il repense à toute sa vie sur l’île : le naufrage, la souille, la rencontre avec Vendredi et leur nouvelle existence heureuse. Le commandant Hunter lui apprend qu’on est en 1787. Robinson comprend alors qu’il vit sur l’île depuis plus de vingt-huit ans et qu’il a maintenant cinquante ans.

Vendredi, lui, est fasciné par le beau voilier et se lie vite avec l’équipage. Robinson, au contraire, se sent mal à l’aise parmi ces hommes brutaux. Il découvre aussi un jeune mousse roux nommé Jean, battu cruellement par les marins. Peu à peu, Robinson comprend qu’il ne veut plus retourner dans le monde civilisé. Il préfère rester libre à Speranza avec Vendredi. Le soir, les deux amis rentrent sur leur île avec une petite yole offerte par le commandant.

Chapitre 35

Au lever du jour, Robinson découvre avec angoisse que Vendredi a disparu. Son hamac est vide, ainsi qu’Anda. Il croit d’abord que son ami l’a abandonné pour partir sur le Whitebird. Désespéré, il parcourt toute l’île en pensant aux jeux, aux inventions et aux années heureuses passées avec lui. En retrouvant le vieux collier de Tenn, il éclate en sanglots et décide de retourner mourir au fond de la grotte.

Mais près de l’entrée, il découvre un enfant caché : Jean, le jeune mousse du Whitebird. Le garçon explique que Vendredi est monté volontairement sur le navire avec Anda, tandis que lui s’est enfui pour rester sur l’île. Robinson comprend alors que Vendredi a choisi sa propre route. Ensemble, Robinson et l’enfant regardent le bateau disparaître à l’horizon. Puis le soleil se lève sur Speranza. Robinson retrouve l’espoir et donne au mousse un nouveau nom : « Dimanche », « le jour des fêtes, des rires et des jeux ».


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8 commentaires

  1. Trop bien résumé ça me sauve la vie merci beaucoup
    Une fille de cinquième qui avait besoin de ça et qui a maintenant tout compris