Vous trouverez ici deux résumés de de la nouvelle de Tourgueniev : Premier Amour. Il s’agit d’abord d’un résumé court et ensuite d’un résumé découpé par chapitre.
📄 Résumé court
Vladimir Pétrovitch, seize ans, passe l’été 1833 avec ses parents dans une maison de campagne louée aux environs de Moscou, près de la porte Kalougski. C’est un adolescent rêveur et sensible. Son père, Piotr Vassiliévitch, homme charmant mais distant, et sa mère, stricte et souvent absorbée par ses propres préoccupations, lui laissent une grande liberté. Vladimir occupe ses journées à monter à cheval, à déclamer des vers romantiques et à laisser vagabonder son imagination. Il ressent confusément en lui une attente fervente : il pressent qu’un événement décisif, peut-être l’amour, va surgir dans sa vie.
L’existence monotone de Vladimir est bouleversée lorsque de nouveaux voisins s’installent dans la propriété voisine. La princesse Zassekine, une aristocrate appauvrie, emménage avec sa fille de vingt-et-un ans, Zinaïda. Dès qu’il aperçoit pour la première fois la jeune princesse, Vladimir est envoûté. Un soir, il la voit dans le jardin, entourée de plusieurs jeunes hommes qu’elle taquine en effleurant leur front avec une fleur. Caché derrière une clôture, le garçon observe cette scène féérique, fasciné par la grâce et l’assurance de cette inconnue. Bouleversé, il rentre chez lui le cœur battant et l’esprit plein de cette vision.
Le destin offre rapidement à Vladimir l’occasion de rencontrer officiellement Zinaïda. La princesse Zassekine envoie une lettre à la mère de Vladimir pour lui demander aide et protection dans leurs nouvelles démarches. Agacée, Madame Pétrovitch délègue à son fils la tâche de répondre. Vladimir, fébrile, se présente chez les Zassekine. Il est introduit dans un salon modeste où la vieille princesse l’accueille sans façon et l’assaille de questions indiscrètes. Alors qu’il tente de se justifier, Zinaïda fait irruption dans la pièce et, voyant la confusion du jeune homme, prend aimablement sa défense. Moqueuse et charmante, elle l’entraîne dans sa chambre sous un prétexte anodin – dévider une pelote de laine, pour l’éloigner de l’interrogatoire maternel. Seul en sa compagnie, Vladimir est intimidé et émerveillé. Zinaïda, d’une franchise espiègle, lui fait promettre de toujours lui dire la vérité. Le jeune homme, conquis, jure de ne jamais lui mentir. En quittant la maison, Vladimir est transporté : en quelques instants, la beauté, l’esprit vif et l’assurance de Zinaïda ont éveillé en lui un trouble profond.
Dès lors, Vladimir est épris. Il ne vit plus que pour revoir Zinaïda, guettant chaque occasion de la croiser. Par convenance, sa mère invite la princesse Zassekine et sa fille à dîner. Vladimir s’en réjouit follement, mais la soirée ne répond pas à ses espérances. Zinaïda, polie mais distante, passe le plus clair du temps à lire dans le jardin, ignorant presque le jeune homme. Lui en souffre en silence, d’autant plus qu’il remarque l’attention particulière que son père porte à la jeune invitée. Piotr Vassiliévitch engage avec Zinaïda une conversation courtoise et animée qui trouble Vladimir. À la fin de la soirée, Zinaïda, jusque-là réservée, surprend néanmoins Vladimir en lui glissant à l’oreille de venir chez elle le lendemain à huit heures.
Le soir suivant, Vladimir se rend chez les Zassekine au rendez-vous fixé. Il découvre Zinaïda entourée de plusieurs hommes, un médecin spirituel du nom de Louchine, le poète exalté Maïdanov, le galant comte Malevsky et le fougueux officier Belovzorov. La jeune princesse est au centre de l’attention et orchestre jeux et divertissements avec entrain. Elle accueille Vladimir avec chaleur et l’intègre dans sa joyeuse petite cour. Au cours d’un jeu de gages, le jeune homme gagne le droit de déposer un baiser sur la main de Zinaïda. Tremblant d’émotion, il effleure ses doigts sous les applaudissements amusés de l’assemblée. Enchanteur, ce moment confirme à Vladimir l’intensité de son premier amour.
Le lendemain, Vladimir est grondé par sa mère pour cette sortie tardive, mais il minimise l’affaire. Son père, lui, l’interroge curieusement sur la soirée passée chez les voisines. Peu après, Piotr Vassiliévitch se rend seul chez les Zassekine et y reste une heure. Vladimir, de plus en plus jaloux et intrigué, retourne lui aussi chez Zinaïda sous prétexte d’aider la princesse à copier une requête administrative. Mais ce jour-là, la jeune fille l’accueille froidement. Son regard autrefois rieur est distant, et elle disparaît sans explication. Vladimir, meurtri, ressent dès lors les tourments d’une passion véritable.
Le temps passe, et l’amour de Vladimir pour Zinaïda s’intensifie jusqu’à l’obsession. Il souffre lorsqu’il est loin d’elle et exulte au moindre signe d’attention. Zinaïda, consciente du pouvoir qu’elle exerce, s’amuse parfois de lui avec une cruauté légère. Tantôt elle se montre tendre, tantôt elle le taquine ou l’ignore, entretenant ses espoirs et ses angoisses. Vladimir endure tout, prêt à n’importe quel sacrifice pour un sourire de sa part. Il doit en outre composer avec la présence constante des autres soupirants qui gravitent autour d’elle. Chacun apporte à Zinaïda quelque chose d’unique,Louchine son esprit caustique, Maïdanov ses vers passionnés, Malevsky ses flatteries, Belovzorov son dévouement emporté, et elle joue de chacun avec habileté. Le jeune Vladimir, bien que le plus naïf du cercle, n’échappe pas à ce jeu : la jeune princesse le traite tour à tour en protégé adoré et en jouet dont elle teste la fidélité. Cette vie fiévreuse emplit Vladimir de bonheur et de souffrance mêlés.
Pourtant, Vladimir pressent que, derrière l’espièglerie de Zinaïda, se cache un chagrin. Il surprend chez elle des regards perdus, des silences étranges. Il en vient à redouter qu’elle aime en secret quelqu’un d’autre. Le docteur Louchine lui-même met en garde le jeune homme contre l’atmosphère malsaine de cette passion. Un soir, au cours d’une veillée, Zinaïda livre à ses amis une vision poétique et mélancolique, l’histoire de jeunes filles en blanc dont la barque est renversée par des bacchantes bruyantes – qui laisse à penser que son cœur est troublé. Vladimir est convaincu qu’elle cache un amour secret.
La conduite de Zinaïda devient de plus en plus énigmatique. Un jour, Vladimir la surprend en larmes, tordant nerveusement une mèche de ses cheveux qu’elle finit par couper brusquement avant de la garder dans un médaillon. Le même soir, la mère de Vladimir le réprimande durement pour ses visites incessantes chez les voisines, ce qui provoque une querelle violente entre eux. Désespéré, le jeune homme fuit la maison et se réfugie près des ruines d’une orangerie abandonnée pour calmer son agitation. C’est là que Zinaïda le rejoint par hasard. Ravie de le voir, elle retrouve son rire et, dans un élan de bravade, lui lance un défi fou : sauter du haut d’un vieux mur délabré. Vladimir, avide de prouver son courage, s’exécute et se blesse légèrement en retombant. Paniquée, Zinaïda accourt. Soulagée de le voir sauf, elle rit et le traite tendrement de petit fou avant de poser sur son front deux baisers délicats en guise de récompense. Transporté de joie, Vladimir croit un instant avoir gagné le cœur de son aimée.
Hélas, dès le lendemain, Zinaïda redevient distante. Vladimir, éperdu, ne comprend pas ce revirement. Peu après, au détour d’une conversation, la jeune femme laisse entendre qu’elle pourrait requérir l’aide d’un « cavalier plus expérimenté » pour l’accompagner à cheval – en l’occurrence, le père de Vladimir. Cette allusion trouble profondément le jeune homme. Il commence à soupçonner avec effroi que son propre père pourrait être l’énigmatique élu du cœur de Zinaïda.
Tiraillé par le doute, Vladimir décide de s’éloigner quelque temps. Il part marcher loin de la maison pour apaiser son esprit jaloux. La nature calme un moment son tourment, et il tente de se rassurer en repensant aux baisers que Zinaïda lui a donnés. Mais au détour d’un sentier, son espoir s’effondre : il aperçoit au loin son père et Zinaïda, chevauchant côte à côte en toute complicité. Caché, Vladimir observe son père dire quelque chose qui fait sourire la jeune princesse. Cette vision confirme ses soupçons. Bouleversé, il rentre chez lui anéanti. Sa mère l’accable de questions sur son absence, mais, influencé par le regard impassible de Piotr Vassiliévitch, Vladimir garde le silence sur ce qu’il a vu.
Dès lors, Zinaïda se montre peu. Elle prétexte une indisposition et reçoit moins souvent. Lorsque Vladimir la croise enfin, elle a le visage fatigué et l’air tourmenté. Dans un échange paisible, elle lui demande soudain de devenir son « ami et page », plutôt que son amoureux. Elle insiste sur leur différence d’âge et lui offre une rose en gage de cette nouvelle amitié. Vladimir accepte, le cœur brisé mais fidèle.
Peu après, lors d’une soirée rassemblant la petite cour de Zinaïda, l’ambiance est étrangement calme. On se divertit de jeux littéraires, mais l’entrain n’y est plus. Zinaïda écoute les histoires et les poèmes de ses amis d’un air distrait, comme si son esprit était ailleurs. Vladimir pressent que la sérénité de façade cache des émotions violentes prêtes à éclater.
Le lendemain, Malevsky, le comte intrigant, aborde Vladimir en tête-à-tête. Feignant de lui donner un conseil d’ami, il lui suggère perfidement de surveiller la fontaine du parc la nuit même, s’il tient tant à la princesse. Ces insinuations attisent la jalousie de Vladimir. La nuit venue, armé d’un couteau, le jeune homme se poste en embuscade près de la fontaine envahie de lierre. De longues heures passent sans qu’il ne voie rien, jusqu’à ce qu’une silhouette apparaisse enfin. Prêt à bondir, Vladimir surgit de sa cachette… pour découvrir son propre père face à lui. Piotr Vassiliévitch rôdait discrètement dans le jardin. Vladimir, sous le choc, s’enfuit sans être vu, certain désormais que son père est le mystérieux amant de Zinaïda.
Le lendemain, Vladimir se réveille malade d’émotion. À table, son père, imperturbable, et sa mère, nerveuse, ne laissent rien transparaître. Le jeune homme décide de se rendre chez Zinaïda sans confronter son père. Là, il rencontre pour la première fois le petit frère de Zinaïda, un garçon prénommé Volodia. Zinaïda les encourage à faire connaissance et observe avec attendrissement Vladimir jouer avec l’enfant. Mais en fin de journée, elle surprend Vladimir en pleurs à l’écart. Emue, elle s’excuse sans tout expliquer, lui disant qu’elle n’a jamais voulu lui faire de mal. Elle le prend contre elle quelques instants pour le consoler. Vladimir, submergé, laisse couler ses larmes tandis que Zinaïda le berce doucement. Ce bref moment de tendresse suspend le temps : l’espace d’un crépuscule, ils retrouvent leur complicité sincère, affranchie des non-dits.
La parenthèse se referme vite. Quelques jours plus tard, un éclat retentit chez les Pétrovitch. Vladimir surprend une violente dispute entre ses parents : sa mère hurle sa douleur d’épouse trompée, accusant son mari d’avoir séduit Zinaïda. Piotr Vassiliévitch, sans nier, oppose un calme glacial aux invectives. Terré dans l’ombre, Vladimir entend son monde s’effondrer. Le scandale éclate au grand jour. Cette nuit-là, il apprend par le domestique de la famille que c’est une lettre anonyme – probablement écrite par Malevsky, qui a tout révélé à sa mère. Anéanti, Vladimir comprend que tout est perdu.
Au lendemain de cette scène, Madame Pétrovitch décide sur-le-champ de quitter la campagne. On plie bagage pour Moscou. Avant de partir, Piotr Vassiliévitch chasse Malevsky de la propriété, comprenant son rôle dans la divulgation de l’affaire. Quant à Vladimir, il ne peut partir sans un dernier adieu à Zinaïda. Il se rend chez elle en secret. Dans le jardin crépusculaire, ils échangent un dernier regard empreint de tristesse. Vladimir balbutie son départ imminent. Zinaïda, les yeux brillants de larmes contenues, l’écoute en silence. Puis, sans un mot, elle prend le jeune homme dans ses bras et l’embrasse tendrement sur les lèvres. Cet instant scelle leur adieu. Vladimir s’éloigne le cœur brisé, emportant le souvenir ineffaçable de cet amour avorté.
La famille de Vladimir retourne à Moscou. L’été fiévreux de ses seize ans appartient désormais au passé, mais il a laissé une empreinte indélébile dans le cœur du jeune homme. Quelque temps plus tard, Vladimir accompagne son père lors d’une promenade à cheval. Au détour d’un bois, il voit Piotr Vassiliévitch rejoindre clandestinement Zinaïda. Caché, Vladimir assiste à une scène déchirante : son père, emporté par la passion ou la colère, frappe Zinaïda d’un coup de cravache. La jeune femme accepte ce geste violent avec une résignation désespérée. Horrifié, Vladimir réalise alors à quel point l’amour peut être cruel et destructeur.
Quatre ans passent. Devenu adulte, Vladimir revoit par hasard Maïdanov, l’ancien poète courtisan de Zinaïda. Celui-ci lui apprend que la jeune princesse s’est mariée à un riche noble. Vladimir songe à lui rendre visite, mais il hésite trop longtemps. Quand il se décide enfin, il est trop tard : Zinaïda est morte en couches peu après son mariage. En recevant la nouvelle, Vladimir éprouve un chagrin muet et un immense regret de ne pas l’avoir revue.
Des années plus tard, Vladimir repense toujours avec mélancolie à ce premier amour d’été qui a marqué son existence. Il comprend que cette passion ardente et douloureuse l’a fait grandir. Il médite souvent sur la nature fugace de l’amour, sur la souffrance inévitable qu’il entraîne et sur la beauté précieuse des souvenirs qu’il en conserve. Malgré la douleur qu’il a traversée, Vladimir garde au fond de lui une gratitude secrète : celle d’avoir connu un tel amour, aussi bref fût-il, car il a enrichi et éclairé sa vie d’une manière indélébile.
📕 Résumé par chapitre
Chapitre 1
À seize ans, durant l’été 1833, le narrateur (Vladimir) vit avec ses parents dans une villa louée près de la porte Kalougski à Moscou. Son père, indifférent mais tendre, et sa mère, absorbée par d’autres soucis, lui laissent une grande liberté. Rêveur et mélancolique, il passe son temps à déclamer des vers et à galoper sur son cheval. Le sentiment d’attente et de pressentiment d’un amour à venir imprègne son être. Sa vie insouciante prend un tournant lorsqu’une nouvelle voisine, la princesse Zassekine, emménage dans la villa voisine, bien que leur situation financière soit modeste.
Chapitre 2
Un soir, en se promenant avec son fusil, Vladimir aperçoit une jeune fille frappant des jeunes gens au front avec une fleur éclatante. Fasciné par sa grâce et sa beauté, il la contemple jusqu’à ce qu’il soit interpellé par un jeune homme. Confus et émerveillé par cette rencontre, il rentre chez lui, envahi par une émotion inconnue. La vision de la jeune fille le hante toute la soirée et il se couche, agité par cette première rencontre avec l’amour.
Chapitre 3
Vladimir se demande comment faire la connaissance de la jeune fille aperçue la veille. Alors qu’il erre autour du pavillon de la princesse Zassekine, une occasion se présente : sa mère reçoit une lettre de la princesse demandant aide et protection. Sa mère, ne sachant comment répondre, lui demande d’aller porter un message d’accueil. Enfoui sous une vague d’émotions, il se prépare soigneusement avant de partir en mission pour rencontrer la princesse, espérant secrètement revoir la jeune fille qui l’a tant troublé.
Chapitre 4
Vladimir rend visite à la princesse Zassekine et rencontre une vieille domestique qui l’introduit dans un salon modeste. La princesse, une femme âgée et peu soignée, l’accueille brusquement et lui pose des questions sur son âge et ses intentions. Zinaïda, la fille de la princesse, entre alors dans la pièce. Vive et moqueuse, elle prend rapidement la situation en main et entraîne Vladimir dans une pièce attenante pour l’aider à dévider une pelote de laine, l’arrachant ainsi à l’interrogatoire maternel. Ils discutent et Zinaïda, avec une franchise espiègle, demande à Vladimir de toujours lui dire la vérité. Vladimir, ébloui par sa beauté et son caractère, promet de ne jamais lui mentir. En quittant la maison, il se sent profondément attiré par la jeune fille.
Chapitre 5
La princesse Zassekine rend visite à la mère de Vladimir, qui la trouve vulgaire et importune. Cependant, elle invite la princesse et Zinaïda à dîner par politesse. Vladimir, profondément impressionné par la jeune fille, attend impatiemment cette rencontre. Lors de cette visite, Zinaïda lit un livre dans le jardin et ignore presque complètement Vladimir, ce qui le plonge dans une grande confusion et mélancolie. Le père de Vladimir montre un intérêt particulier pour Zinaïda, ce qui ajoute au trouble du jeune homme. Vladimir remarque leurs échanges courtois et sent poindre en lui une vague de jalousie.
Chapitre 6
Le jour du dîner, Vladimir passe la journée dans une mélancolie profonde, troublé par les sentiments qu’il éprouve pour la jeune fille. Lors du repas, la princesse Zassekine se comporte de manière désagréable et grossière, tandis que Zinaïda reste froide et distante, montrant une nouvelle facette de sa personnalité. Le père de Vladimir semble fasciné par Zinaïda et engage avec elle une conversation courtoise. Vladimir assiste, le cœur serré, à cette complicité naissante entre son père et la jeune princesse. La soirée se termine sans que Zinaïda prête attention à Vladimir, mais elle lui chuchote en partant de revenir la voir à huit heures. Ce murmure secret ranime l’espoir du jeune homme.
Chapitre 7
À l’heure dite, Vladimir se rend chez les Zassekine, où il trouve Zinaïda entourée de plusieurs hommes, jouant et riant. Zinaïda l’introduit dans leur cercle et, malgré sa confusion initiale, Vladimir est entraîné dans les jeux et les plaisanteries. Il gagne le droit de baiser la main de Zinaïda lors d’un jeu de gages, et bien qu’il soit maladroit, il est ravi de cette proximité. La soirée se termine dans une ambiance de fête et de légèreté, laissant Vladimir avec un sentiment de bonheur intense et d’émerveillement face à ses premiers émois amoureux.
Chapitre 8
Le lendemain, après avoir été réprimandé par sa mère pour sa sortie de la veille, le narrateur donne un récit édulcoré de sa visite chez les Zassekine. Son père, en revanche, le questionne avec plus de curiosité et le pousse à révéler les détails de sa soirée. Le narrateur décrit les relations ambivalentes avec son père, oscillant entre admiration et rejet, et la capacité de ce dernier à inspirer une confiance totale à certains moments. Le père, après avoir écouté attentivement le récit, se rend chez les Zassekine sans son fils et y reste une heure avant de partir pour la ville. Le narrateur retourne chez la princesse pour l’aider à copier une requête. Zinaïda, apparaissant brièvement, le regarde froidement avant de disparaître.
Chapitre 9
C’est à partir de ce jour que le narrateur ressent une véritable passion pour Zinaïda, marquée par une souffrance intense. Il est constamment préoccupé par elle, son absence le rendant morose et son comportement en sa présence oscillant entre servilité et jalousie. Zinaïda s’amuse de ses sentiments, jouant avec lui comme avec les autres prétendants. Le narrateur décrit la manière dont Zinaïda manipule ses admirateurs, chacun comblant un besoin différent dans sa vie, et se montre particulièrement méfiant à l’égard de Malevsky, un rival aux intentions troubles. Bien que le narrateur passe de plus en plus de temps à la villa des Zassekine, il sent que Zinaïda le traite de manière capricieuse et souvent cruelle.
Chapitre 10
Le narrateur commence à soupçonner que Zinaïda aime quelqu’un d’autre, ce qui l’entraîne dans une jalousie et une inquiétude croissantes. Il la surveille constamment, cherchant des indices parmi ses admirateurs. Le docteur Louchine, lui aussi, semble avoir changé, devenant plus nerveux et cynique. Un jour, Louchine avertit le narrateur des dangers de ses sentiments pour Zinaïda et de l’atmosphère malsaine de la maison des Zassekine. Le docteur, bien que critique et ironique, montre une certaine tendresse envers Zinaïda, même lorsqu’elle fait des remarques désinvoltes sur sa propre vie et son manque de désir de vivre. Vladimir accueille mal ces avertissements, refusant d’admettre la toxicité potentielle de sa passion.
Chapitre 11
Le soir, un groupe se réunit chez les Zassekine, où Zinaïda partage une vision poétique qui inspire Maïdanov. Elle décrit une scène rêveuse et lyrique de jeunes filles en blanc sur une barque, perturbées par des bacchantes bruyantes. Zinaïda semble particulièrement mélancolique et rêveuse, révélant ses propres sentiments contradictoires à travers ses descriptions poétiques. La conversation se tourne vers un jeu de comparaisons, où Zinaïda fait référence aux voiles de Cléopâtre, montrant son érudition et sa capacité à captiver son auditoire. Le narrateur, toujours troublé par ses sentiments, se retire, convaincu que Zinaïda aime quelqu’un d’autre, mais ne sachant toujours pas qui.
Chapitre 12
Les jours passent et Zinaïda devient de plus en plus étrange et incompréhensible. Lors d’une visite, Vladimir la trouve en pleurs, assise sur une chaise, et elle lui exprime sa douleur en tordant ses cheveux. Confuse et désolée, elle décide de garder une mèche de ses cheveux dans un médaillon. Chez lui, Vladimir constate une tension croissante entre ses parents. Sa mère, qui critique sévèrement ses fréquentes visites chez la princesse Zassekine, ajoute à son agitation. Pour échapper à ses pensées troublées, il cherche des endroits solitaires, notamment les ruines de l’orangerie. Lors d’une de ces escapades, Zinaïda l’incite à sauter d’un mur élevé, un acte téméraire qui le laisse étourdi mais ravi lorsqu’elle l’embrasse tendrement. Ces baisers sur le front transportent Vladimir de joie, convaincu d’avoir su prouver sa bravoure aux yeux de celle qu’il aime.
Chapitre 13
Vladimir est transporté de joie après les baisers de Zinaïda, bien que la jeune fille semble étrangement indifférente le lendemain. Lors de sa visite suivante, il espère une reconnaissance de son acte héroïque, mais Zinaïda le traite simplement et sans émotion. Belovzorov, toujours jaloux, tente de l’empêcher de monter à cheval, craignant pour sa sécurité. Elle ignore ses préoccupations et mentionne qu’elle pourrait demander l’aide de Piotr Vassiliévitch, le père de Vladimir, ce qui étonne le jeune homme. La tension monte entre les prétendants de Zinaïda, mais elle garde une certaine distance, laissant Vladimir se sentir infantilisé et confus par son comportement. Une nouvelle inquiétude germe dans son esprit : et si son père était l’objet secret de l’affection de Zinaïda ?
Chapitre 14
Vladimir, troublé, décide de s’éloigner de la ville pour réfléchir à sa situation. Il marche longtemps, cherchant à se livrer à la mélancolie, mais la beauté de la nature finit par apaiser son esprit. Il se rappelle les paroles et les baisers de Zinaïda, se persuadant qu’il a prouvé sa bravoure. Alors qu’il erre dans ses pensées, il voit son père et Zinaïda trotter ensemble à cheval, un spectacle qui le remplit de jalousie et de confusion. La froideur de Zinaïda contraste avec la chaleur de sa rencontre précédente, laissant Vladimir perplexe. De retour chez lui, il cache à sa mère la raison de son absence, influencé par le regard silencieux de son père. Piotr Vassiliévitch et Vladimir échangent un regard lourd de sous-entendus, mais aucun ne révèle ce qui a été vu.
Chapitre 15
Zinaïda se dit souffrante et évite Vladimir, bien que les autres prétendants continuent de la visiter. Belovzorov est morose, Malevsky est servile, et Louchine semble déconcerté par sa propre perception de Zinaïda. Louchine confie à Vladimir son erreur de jugement à son égard, laissant entendre qu’elle trouve de la douceur dans le sacrifice. Vladimir observe de loin Zinaïda, qui apparaît changée et tourmentée. Lors d’une promenade, elle lui propose de devenir son ami et page, soulignant leur différence d’âge. Elle lui offre une rose en gage de leur nouvelle relation, un geste qui ravive la passion de Vladimir malgré la transformation apparente de Zinaïda en une figure plus sereine et distante.
Chapitre 16
Après le dîner, la compagnie se rassemble dans le salon, où Zinaïda rejoint les autres. La soirée commence par un jeu de gages, mais l’ambiance est calme et un peu mélancolique. Les rêves partagés par les participants sont banals, décevant Zinaïda. Maïdanov tente d’égayer l’assemblée avec un poème complexe, mais Zinaïda le coupe, suggérant que chacun invente une histoire. Belovzorov, pressé de raconter son histoire, révèle une imagination débordante en se mettant en scène en chevalier sauveur. Les convives rient de ses récits naïfs. D’autres invités prennent le relais, proposant à leur tour des récits tantôt drôles, tantôt extravagants. L’atmosphère se détend grâce aux rires, mais Vladimir, attentif, constate que Zinaïda reste pensive par moments, le regard perdu au loin. La soirée s’achève plus tôt qu’à l’accoutumée. Au moment de partir, Vladimir baise la main de Zinaïda en fidèle « page ». Elle lui sourit avec douceur, mais il y décèle une fatigue empreinte de tristesse. En s’éloignant, Vladimir ne peut s’empêcher d’être inquiet : il pressent que le calme revenu cache encore des remous secrets dans le cœur de Zinaïda.
Chapitre 17
Le lendemain, Zinaïda est absente, partie avec la vieille princesse, tandis que Vladimir rencontre Malevsky, qui le taquine sur son rôle de page. Malevsky insinue que Vladimir devrait surveiller Zinaïda la nuit, faisant allusion à des événements mystérieux près de la fontaine. Ces remarques empoisonnent l’esprit de Vladimir, qui décide de monter la garde cette nuit-là, armé d’un couteau. Sa résolution est ferme, alimentée par la jalousie et le désir de prouver sa valeur. Il passe la nuit à guetter, caché dans le parc. Les heures s’écoulent, et alors qu’il commence à douter de sa mission, il aperçoit une silhouette. Prêt à agir, il découvre avec stupeur que c’est son père qui se promène discrètement dans le jardin. Cette révélation choque Vladimir, le laissant perplexe et bouleversé. Il retourne chez lui, ses soupçons sur les activités nocturnes de Zinaïda et son père désormais éveillés, mais sans avoir de réponse claire à ses questions.
Chapitre 18
Le narrateur, Vladimir, se réveille avec un violent mal de tête et un sentiment de tristesse. Il observe ses parents, trouvant son père calme et sa mère irritée. Vladimir se demande s’il doit tout avouer à Zinaïda mais décide de se rendre chez elle sans dire un mot. Là, il rencontre le jeune frère de Zinaïda, également appelé Volodia (Vladimir) et la jeune femme insiste pour qu’ils deviennent amis. Malgré la présence du cadet, Vladimir se sent mélancolique. En fin de journée, Zinaïda découvre Vladimir en larmes et, après une conversation émotionnelle, ils passent du temps ensemble, volant des instants de joie et de complicité. Ils retrouvent brièvement la sincérité et la tendresse de leur amitié, même si rien n’est explicité. Vladimir sent confusément qu’elle lui demande pardon et qu’elle regrette sa souffrance.
Chapitre 19
Vladimir passe une semaine étrange, remplie de confusion et de sentiments contradictoires. Il évite de réfléchir à ses propres émotions et s’efforce simplement de traverser chaque journée. Une soirée, il apprend que ses parents ont eu une dispute intense, sa mère accusant son père d’infidélité avec Zinaïda. Vladimir, bouleversé, questionne Philippe, le maître d’hôtel, qui confirme les soupçons de sa mère. Effondré, Vladimir réalise que son monde s’écroule et que tout ce qu’il a chéri est désormais piétiné. Cette nuit-là, le jeune homme comprend que son père est bien l’amant de Zinaïda et que leur départ est imminent. Il reste prostré, anéanti par la trahison de ceux qu’il aimait le plus.
Chapitre 20
Le lendemain, la mère de Vladimir annonce qu’ils retournent en ville, une décision ferme et non négociable. Le père de Volodia congédie Malevsky, suspecté d’être à l’origine de la lettre anonyme révélant l’affaire. Vladimir, obsédé par Zinaïda, se rend chez elle pour un dernier adieu. Ils échangent des paroles émouvantes et Zinaïda l’embrasse chaleureusement. Vladimir est à la fois ému et résigné à cette séparation définitive. Peu de temps après, la famille déménage à Moscou, et Volodia essaie de se détacher du passé. Cet été-là s’achève dans la douleur et l’irrévocable.
Chapitre 21
Vladimir accompagne son père lors d’une sortie à cheval, et ils galopent à travers la ville. À un moment donné, son père s’éloigne pour rencontrer une femme, qui s’avère être Zinaïda. Vladimir, caché, assiste à une scène troublante où son père frappe Zinaïda avec une cravache. Zinaïda accepte le coup avec une résignation désespérée, et Vladimir est profondément marqué par ce qu’il voit. De retour chez lui, il médite sur la véritable nature de l’amour et de la passion, réalisant combien il a mûri en peu de temps. Il a vu comment l’amour peut humilier et blesser, et cette révélation lui fait comprendre la violence contenue dans les sentiments adultes.
Chapitre 22
Quatre ans après, Vladimir, ayant terminé ses études universitaires, rencontre Maïdanov, qui lui annonce le mariage de Zinaïda avec Dolsky. Vladimir prévoit de rendre visite à Zinaïda mais tarde. Quand il se décide enfin, il apprend qu’elle est morte en accouchant. Volodia est dévasté par la nouvelle, se sentant coupable de ne pas l’avoir vue une dernière fois. Cette perte le pousse à méditer sur la fugacité de la vie et sur les souffrances universelles, trouvant un étrange réconfort dans la prière et la contemplation de la mort, cherchant à comprendre et à accepter la fragilité de l’existence humaine.

