Titre du résumé du seigneur des anneaux les deux tours avec le mordor

Le deuxième acte de la trilogie monumentale de J.R.R. Tolkien marque un tournant sombre et épique où les fils du destin se séparent pour mieux se rejoindre. Alors que la Communauté de l’Anneau est brisée, l’espoir semble vaciller face à l’alliance impie entre les deux tours, Barad-dûr et Orthanc. Nous avons décortiqué chaque mouvement, chaque trahison et chaque acte d’héroïsme pour vous offrir une vision limpide de cette œuvre complexe. Vous trouverez ci-dessous un résumé détaillé du Seigneur des Anneaux : Les Deux Tours, suivi d’une chronologie précise, chapitre par chapitre.


📄 Résumé court

Boromir meurt, criblé de flèches orques, en défendant Merry et Pippin. Dans un dernier souffle, il avoue son échec et signale à Aragorn que les deux jeunes Hobbits sont capturés vivants. Aragorn est accablé. Frodon et Sam ont disparu vers le Mordor, la Communauté de l’Anneau est dissoute en plein drame. Pourtant il faut réagir : pas de temps pour les larmes. Aragorn, Legolas et Gimli jurent de secourir leurs amis enlevés.

Les trois chasseurs se lancent aux trousses des Uruk-hai de Saroumane qui emmènent Merry et Pippin vers l’Isengard. Pendant trois jours et trois nuits, ils courent à perdre haleine à travers les plaines du Rohan, sans jamais rattraper la horde orque. Au matin du quatrième jour, ils tombent sur un charnier : la troupe d’Orques a été massacrée par les cavaliers du Rohan. Aucun survivant… sinon peut-être les Hobbits ? Aragorn trouve des indices montrant que Merry et Pippin ont pu s’enfuir dans la vaste forêt de Fangorn toute proche. Sur ces entrefaites, la compagnie d’Éomer, neveu du roi Théoden, les rejoint. Éomer confirme avoir exterminé la bande d’Orques la veille, mais n’avoir vu aucune trace des deux semi-hommes. Il prête des chevaux aux trois compagnons et les encourage à fouiller la forêt hantée de Fangorn. Lui repart défendre Edoras menacée par Saroumane.

Merry et Pippin, de leur côté, profitent du chaos de la bataille pour fausser compagnie à leurs ravisseurs. Ils se réfugient dans l’ombre épaisse de Fangorn où ils font une rencontre stupéfiante : Sylvebarbe, un Ent, créature quasi millénaire ressemblant à un arbre vivant. L’antique berger des arbres les recueille et apprend grâce à eux les ravages commis par le magicien Saroumane contre la forêt. Outré, Sylvebarbe convoque un conseil des Ents. Après de longs débats, ces géants de bois décident d’entrer en guerre. Toute la forêt s’ébranle : les Ents marchent vers l’Isengard pour terrasser le traître qui mutile leurs arbres.

Aragorn, Legolas et Gimli, pendant ce temps, ont suivi la piste de Merry et Pippin jusqu’à la lisière de Fangorn. Ils y rencontrent soudain un vieil homme mystérieux… qui se révèle être Gandalf ! Le magicien, que tous croyaient perdu dans l’abîme de la Moria, est revenu, transfiguré en Gandalf le Blanc. Plus puissant et pressé par l’urgence, il entraîne aussitôt les trois compagnons vers Edoras, la cité dorée du Rohan. Là, Gandalf libère le roi Théoden de l’envoûtement maléfique que Saroumane entretenait via son perfide agent Gríma Langue-de-Serpent. Théoden, rajeuni et furieux d’avoir été dupé, bannit Gríma et reprend les rênes du royaume à un moment critique.

Informé que l’armée de Saroumane se dirige droit sur ses terres, Théoden rassemble le peuple du Rohan. Sur conseil de Gandalf, il évacue la ville et part se retrancher dans la forteresse du Gouffre de Helm, au sud. Gandalf quant à lui chevauche en hâte chercher des renforts, non sans promettre : « Tenez bon jusqu’à l’aube du cinquième jour… À l’aube, regardez à l’est ! ».

La nuit suivante, des milliers d’Orques Uruk-hai assiègent le fort du Gouffre de Helm sous une pluie battante. La bataille est épique et désespérée. Malgré la vaillance d’Aragorn, de Théoden et de leurs guerriers, les murs tremblent sous le nombre des assaillants. Une explosion ouvre une brèche, les Orques submergent la cour intérieure. Les défenseurs reculent pas à pas jusqu’au donjon, prêts à vendre chèrement leur vie. Mais à l’aube, Gandalf revient avec des cavaliers du Rohan : pris en étau, les Orques s’effondrent et fuient, pour être aussitôt engloutis par une forêt vengeresse surgie dans leur dos – les arbres de Fangorn eux-mêmes venus punir les massacreurs. La victoire au Gouffre de Helm est arrachée de justesse.

Après cette bataille, Aragorn et Gandalf mènent Théoden et leurs alliés jusqu’à l’Isengard de Saroumane. Ils découvrent un paysage dévasté : les Ents ont saccagé et inondé la vallée fortifiée. Isengard n’est plus qu’un lac fumant autour de la tour d’Orthanc, où Saroumane s’est barricadé. Merry et Pippin, sains et saufs, les accueillent joyeusement aux portes en fumant la pipe – tout heureux de ces retrouvailles inespérées. Gandalf offre à Saroumane une chance de se rendre, en vain. Le magicien déchu refuse de reconnaître ses torts. D’un mot de pouvoir, Gandalf brise alors le bâton de Saroumane et le bannit de l’Ordre des Mages. Tandis que les vainqueurs s’éloignent, Gríma Langue-de-Serpent (désormais serviteur de Saroumane) jette depuis la tour un objet de colère. C’est un palantír, une pierre de vision précieuse, qu’un Pippin trop curieux s’empresse de ramasser, sans se douter du lien fatal qu’il établit ainsi avec l’Œil de Sauron.

Cette nuit-là, l’irrépressible curiosité de Pippin le pousse à regarder dans le palantír. Malheur ! Il y voit l’Œil ardent de Sauron et manque d’y perdre la raison. Gandalf comprend que Sauron a entrevu l’esprit d’un Hobbit et pourrait en tirer de funestes conclusions. Sans attendre, il décide d’emmener Pippin loin d’ici, vers Minas Tirith où se prépare la défense du Gondor. Sur son grand cheval Gripoil, Gandalf galope à l’est, emportant avec lui le jeune Touque. La guerre de l’Anneau bascule vers le royaume des Hommes.


📕 Résumé par chapitre

Livre III

Chapitre I

Boromir, le fils de l’Intendant du Gondor, meurt à genoux adossé à un grand arbre. Trois flèches orques lui transpercent la poitrine. Aragorn arrive juste à temps pour recueillir ses derniers mots. Boromir pleure sa faute : il a essayé de prendre l’Anneau à Frodon, l’a effrayé… Puis les Orques ont surgi. Il en a occis des dizaines pour défendre Merry et Pippin, en vain, les deux jeunes Hobbits ont été capturés. « Pardonne-moi… Ils ont pris les petits… » balbutie Boromir, honteux et sanglant. Aragorn saisit sa main, le visage ravagé de tristesse. Dans un dernier souffle, Boromir demande : « Notre peuple… Mon capitaine… Sauve Minas Tirith ! ». Sa tête retombe, ses yeux se voilent. Boromir le vaillant n’est plus. Un silence de mort étreint la clairière. Aragorn ferme doucement les paupières de son compagnon d’armes, le cœur lourd d’un immense échec.

La Communauté de l’Anneau est brisée. Frodon et Sam ont quitté leurs amis vers le Mordor, Aragorn a compris que le Hobbit a préféré partir seul pour éviter de tenter les autres avec l’Anneau. Merry et Pippin, eux, sont aux mains d’Orques féroces lancés par l’Ennemi. Que faire ? Le destin du monde repose sur l’Anneau… Mais Aragorn ne peut se résoudre à abandonner Merry et Pippin à un sort atroce. Il partage son tourment avec Legolas l’Elfe et Gimli le Nain, accourus entre-temps. Tous trois pleurent de rage et de peine autour du corps de Boromir. La tentation de courir après Frodon est grande – l’Anneau ne doit pas être perdu ! Mais que diraient-ils à Gandalf, s’il vivait encore, s’ils laissaient deux innocents aux mains des Orques ? Non… Aragorn tranche : « Nous laisserons Frodon au sort que lui réserve sa courageuse sagesse. Notre chemin est celui des captifs. Nous devons retrouver Merry et Pippin. » Legolas et Gimli approuvent d’un signe grave.

Ils rendent à Boromir les honneurs funèbres. Pas de tertre ici pour enterrer le héros : le fleuve Anduin sera son linceul liquide. Avec soin, ils déposent le corps du Gondorien, encore criblé de flèches, dans l’un des bateaux elfiques qui les avaient portés jusque-là. Sur sa poitrine, Aragorn place l’épée brisée de Boromir et le cor fendu de son bouclier. Un instant, le Ranger murmure une prière aux dieux oubliés. Puis d’une poussée il laisse l’embarcation funéraire glisser dans le courant puissant. Le frêle esquif s’éloigne entre les hauts rochers d’Amon Hen, emportant Boromir vers les chutes de Rauros dans le fracas lointain des eaux.

Ainsi s’achève la Communauté… songe Aragorn, dans les larmes et le sang. Mais déjà l’ennemi s’éloigne avec ses prisonniers. Pas de répit pour les vivants. Le Rôdeur ceint son épée, se redresse et jette un dernier regard vers l’aval du fleuve où a disparu Boromir. « Hâtez-vous ! » dit-il simplement. Legolas empoigne son arc, Gimli ajuste son lourd casque. L’heure est à la chasse. Sur le sol, Aragorn repère la piste des Orques : des empreintes nombreuses piétinent l’herbe et la boue, se dirigeant vers l’ouest. Le trio s’élance sans plus attendre, le cœur serré mais résolu. Boromir aura sa vengeance : ils sauveront les deux Hobbits… ou périront en essayant.

Chapitre II

Aragorn, Legolas et Gimli poursuivent la troupe d’Orques sans relâche pendant trois jours et trois nuits à travers les plaines du Rohan. Le soleil brûle, la fatigue épuise le Nain et l’Elfe, mais Aragorn refuse d’abandonner la traque. Chaque brin d’herbe foulé, chaque détritus laissé sur le sol, il les inspecte fiévreusement. Enfin, un petit indice ravive leur espoir : sur le sol, Aragorn ramasse une broche de feuille d’or mallorn, un cadeau de Lórien, que Pippin a visiblement laissé tomber comme un signal. Les Hobbits sont vivants, quelque part là-devant ! Revigorés par ce signe, les trois chasseurs redoublent d’efforts malgré leurs jambes endolories.

Au lever du soleil du quatrième jour, Legolas, doué de sa vue perçante d’Elfe, alerte soudain : des cavaliers approchent ! En un instant, une centaine de cavaliers du Rohan les encerclent, lances baissées. Gimli brandit sa hache, méfiant, tandis qu’Aragorn se campe fièrement, les mains vides écartées en signe de paix. Un cavalier aux traits nobles, drapé dans un manteau vert, s’avance : Éomer, capitaine des Rohirrim. « Que faites-vous sur nos terres, et pourquoi traquez-vous les Uruks ? » lance-t-il d’une voix hautaine. Aragorn ne se démonte pas. Il se nomme : fils d’Arathorn, héritier d’Isildur et du trône du Gondor. Les cavaliers murmurent, étonnés. Éomer dévisage ce rôdeur poussiéreux avec scepticisme. Legolas et Gimli confirment son identité et implorent : « Nous pourchassons les Orques qui ont enlevé nos deux jeunes amis hobbits. Les avez-vous croisés ? »

Le visage d’Éomer s’adoucit légèrement en apprenant la nouvelle. Lui et sa troupe ont en effet exterminé une bande d’Orques errants la veille au soir, non loin d’ici. Ils n’en ont laissé aucun vivant. Cependant, ils n’ont trouvé aucun Hobbit parmi eux, ni vivant ni mort. Éomer en conclut que si vos amis étaient prisonniers des Orques, soit ils ont péri pendant l’attaque, soit, il l’espère pour eux, ils ont réussi à fuir au milieu de la mêlée. Aragorn se prend à espérer que les deux Hobbits ont pu se réfugier dans la vaste forêt de Fangorn, pourtant redoutée du peuple du Rohan. Éomer leur conseille d’y porter leurs recherches.

Convaincu de leur bonne foi, Éomer n’entrave pas leur quête. Il leur fournit même deux chevaux frais, un cadeau précieux chez les Seigneurs des Chevaux. Eux continueront vers Fangorn à la recherche des Hobbits ; lui repart vers Edoras prévenir le roi du danger. Avant de partir, Éomer les met en garde : la forêt de Fangorn est un lieu étrange et redouté. « Que le destin vous soit favorable, Aragorn fils d’Arathorn, » déclare-t-il en salut, une main sur le cœur. Puis, rassemblant ses cavaliers d’un cri clair, il file au galop vers l’est, emportant avec lui la poussière dorée du matin.

Une quiétude soudaine retombe sur la plaine. Aragorn, Legolas et Gimli restent seuls auprès du champ de cadavres orques. Là-bas, au sud, se dresse maintenant la lisière enténébrée de Fangorn. Au-delà des premiers troncs noueux commence l’inconnu… Mais pour leurs amis Merry et Pippin, ils s’y aventureront sans hésiter.

Chapitre III

Les deux Hobbits vivent un cauchemar, ballotés comme des sacs de grain sur les épaules des Orques. Merry et Pippin ont les poignets liés, la bouche bâillonnée d’un chiffon sale. Autour d’eux, les Uruk-hai d’Isengard courent en meute, poussant des grognements féroces. Le capitaine Uglúk aboie des ordres pour garder l’allure : Saroumane les a envoyés capturer des prisonniers, et il ne tolérera aucun retard. Pippin, secoué dans tous les sens, tente de ne pas perdre connaissance. Son front saigne là où un Orque l’a frappé pour le faire taire. Merry, lui, est complètement inerte, une blessure à la tête l’a plongé dans un demi-sommeil fiévreux. Ils vont nous tuer et nous manger, pense Pippin en boucle, terrorisé.

Au bout de longues lieues, la troupe s’arrête un court instant sur une colline rocailleuse. Il fait nuit. Pippin sent qu’un Orque aux yeux luisants, originaire du Mordor, le fixe étrangement. Ce monstre se nomme Grishnákh. Il s’approche en ricanant et tente de fouiller Pippin de sa main crochue : il semble convaincu que les petits prisonniers cachent un trésor. Uglúk l’en empêche violemment : les ordres de Saroumane sont clairs, les prisonniers sont réservés au magicien. Mordor et Isengard se jaugent avec haine, les insultes fusent. Un rien pourrait faire dégénérer la dispute en massacre. Uglúk finit par mater la rébellion en distribuant quelques coups mortels. Le calme revient tant bien que mal.

Profitant de la confusion, Pippin rampe jusqu’au cadavre d’un Orque tombé non loin. Une lame brisée gît sous le corps… Avec d’infinies précautions, il sectionne discrètement la corde de ses poignets sur l’éclat de métal. Il garde ses mains derrière le dos, faisant semblant d’être toujours ligoté.

Depuis la plaine montent des bruits de combat : des cors lointains, le martèlement de sabots. Les Orques paniquent. « Des Rohirrim ! » hurle l’un d’eux. Une attaque surprise éclate dans l’obscurité. C’est la débâcle soudaine : des cavaliers fondent sur le camp orque. Merry et Pippin, plaqués au sol, ne distinguent que des sabots filant devant leurs yeux. Profitant du chaos, Grishnákh tente une dernière manœuvre : il empoigne les deux Hobbits (qu’il croit toujours ligotés) et essaie de fuir avec eux dans la confusion. Mais un javelot sifflant vient le percer de part en part : le monstre s’écroule en hurlant. Pippin roule sur le côté et se relève tant bien que mal, les jambes tremblantes, entraînant Merry semi-conscient. Autour d’eux, c’est un carnage indescriptible : Orques qui tombent décapités, cris de guerre… S’agrippant l’un à l’autre, Merry et Pippin filent dans la seule direction libre : vers les arbres sombres de la forêt de Fangorn, tout proches. Personne ne fait attention à ces deux petites ombres qui fuient en trébuchant sous bois.

Au petit matin, les deux compères s’enfoncent sous les arbres de Fangorn et s’écroulent, éreintés mais vivants. Libres pour l’heure, ils demeurent perdus au sein de cette sombre forêt étrange, sans savoir quelle épreuve les attend encore.

Chapitre IV

Soudain, Merry et Pippin aperçoivent une forme gigantesque qui se détache d’un tronc : un être immense, semblable à un arbre vivant, qui les regarde fixement ! La créature ouvre une large bouche noueuse et parle d’une voix profonde, résonnante : « Hooom… hom… Qui êtes-vous, petits êtres ? »

Après un instant de stupeur, Merry s’incline et répond : « Je m’appelle Meriadoc Brandebouc, et voici Peregrin Touque. Nous sommes des Hobbits de la Comté, à votre service… » L’être-arbre émet un grondement qui pourrait être un rire. Il avoue n’avoir jamais entendu parler de Hobbits. Ce ne sont ni des Orques (clairement), ni de petits Elfes… Qu’importe. Ils semblent inoffensifs. Il se présente : Fangorn, qu’en langue commune on appelle Sylvebarbe. C’est un Ent, un berger des arbres vénérable qui hante ces bois depuis des siècles.

Sylvebarbe tend une immense main de branchages vers les Hobbits ébahis. « Ne craignez rien, petites gens. Vous ne risquez plus rien ici, dit-il lentement. Du moins, tant que je serai votre ami. » Avec une délicatesse étonnante, l’Ent les soulève et les installe sur son épaule robuste. « Vous avez dû voir des choses bien laides pour venir vous réfugier jusqu’en Fangorn, mes pauvres… Racontez-moi donc votre histoire. » À pas lents mais démesurés, Sylvebarbe se dirige vers le cœur de la forêt, là où il a sa demeure. En chemin, Merry et Pippin, qui commencent à peine à réaliser qu’ils conversent avec une légende vivante, lui résument leurs aventures : la trahison du magicien Saroumane et leur capture par les Orques lancés à ses ordres. À l’évocation de Saroumane et de ses ordures, la colère envahit l’Ent : il apprend que l’ancien sage qu’il nommait Curunir abat les arbres pour nourrir ses forges de guerre.

Sylvebarbe décide qu’il est temps d’agir. Il convoque un Entmoot, un grand conseil de tous les Ents de la région. Pendant de longues heures, les Ents venus de toute la forêt débattent dans leur langue chantante. Merry et Pippin n’y comprennent rien, mais sentent la colère monter dans le murmure des feuilles. La forêt tout entière retient son souffle en attendant la décision.

Au matin du troisième jour, soudain, un immense cri se répercute de tronc en tronc : « Guerre ! Guerre ! » tonne la voix de Sylvebarbe, reprise en chœur par tous les Ents assemblés. Le sol tremble sous cette clameur végétale. Merry et Pippin sursautent, puis échangent un regard effrayé et exalté, les Ents ont décidé de marcher contre Saroumane ! Peu après, la procession s’ébranle : des dizaines d’Ents sortent de la clairière, suivis d’une cohorte d’arbres vénérables. La forêt elle-même part en guerre.

Chapitre V

Aragorn, Legolas et Gimli pénètrent sous les arbres séculaires de Fangorn, en suivant de petites empreintes de pas. Les deux Hobbits ont bien fui par ici, Aragorn distingue nettement leurs traces au bord d’un ruisseau, ainsi qu’une empreinte d’Orque s’enfonçant plus avant mais ressortant aussitôt : manifestement, les poursuivants orques n’ont pas osé pénétrer trop loin. Un calme étrange règne dans ces bois, un calme chargé d’attente. Gimli chuchote qu’il n’aime pas du tout cet endroit : « On dirait que les arbres nous observent… » Legolas acquiesce en silence, mal à l’aise lui aussi malgré son affinité pour les forêts.

Soudain, une haute silhouette apparaît à quelques mètres d’eux, entre deux troncs couverts de mousse argentée. C’est un vieillard enveloppé dans une cape gris-blanc, appuyé sur un bâton noueux. Il porte une longue barbe pâle et un large chapeau pointu abaissé sur son visage. Les trois compagnons se figent. Saroumane ! pense Gimli en serrant déjà le manche de sa hache. L’inconnu leur barre la route, immobile comme une statue. Seuls ses yeux brillent sous son chapeau. Un frisson surnaturel parcourt l’air immobile de la clairière.

Aragorn prend son courage à deux mains. D’une voix forte, il apostrophe le vieil homme : « Montrez-vous ! Qui êtes-vous, et qu’avez-vous fait de nos amis ? » À ces mots, l’étranger laisse échapper un petit rire profond, bienveillant. Il repousse lentement le rebord de son chapeau, dévoilant son visage. Et quel visage ! Legolas cligne des yeux, incrédule. Gimli laisse échapper un cri joyeux : sous leurs regards stupéfaits, Gandalf leur sourit, plus vivant que jamais. Gandalf ! Le magicien qu’ils avaient vu chuter dans les abîmes de la Moria se tient là devant eux, drapé de lumière blanche. Un instant, Aragorn croit voir un rayon de soleil descendre jusqu’au vieil homme, auréolant sa silhouette. Ému jusqu’aux larmes, le rôdeur tombe à genoux par respect. « Gandalf… Mon ami, est-ce bien vous ? – Oui, c’est moi, répond-il doucement. À présent on me nomme Gandalf le Blanc. » Legolas et Gimli se précipitent pour étreindre leur guide retrouvé.

Autour d’eux, la forêt semble frémir de plaisir, comme si Fangorn lui-même exultait de ce retour inespéré. En termes simples, Gandalf leur raconte son épreuve : il a affronté le Balrog de Morgoth pendant de longs jours et l’a finalement terrassé au sommet des montagnes. Il périt dans l’effort, mais les Puissances d’outre-mer l’ont rappelé à la vie pour achever sa mission. Aragorn et les autres écoutent, frissonnants, ce récit d’outre-tombe. Gandalf, lui, semble apaisé. Il sourit et se relève lestement : le temps de la stupeur est passé, l’heure est à l’action.

« Debout, mes amis ! s’exclame-t-il en redressant son vieil et fidèle bâton. Saroumane manigance sa ruine et celle de ce royaume : nous devons presser le pas vers le Rohan. » Sans attendre, il mène Aragorn, Legolas et Gimli hors de Fangorn au grand jour. Sur la pelouse verdoyante à la lisière du bois, Gandalf pousse un sifflotement clair vers l’ouest. Instantanément, un cheval blanc comme neige accourt du fond de la plaine, rapide comme le vent. « Voici Gripoil, seigneur des chevaux, annonce Gandalf en flattant l’encolure de l’étalon superbe. Mon ami ici nous portera à Edoras plus vite que toutes vos montures. » Bientôt, tous quatre galopent vers la capitale du Rohan, l’espoir renouvelé dans leurs cœurs. Derrière eux, les ombres de Fangorn s’évanouissent comme un mauvais rêve. Le destin du Rohan est sur le point de basculer…

Chapitre VI

Gandalf et ses compagnons atteignent Edoras, la cité aux toits d’or, où siège le roi Théoden du Rohan. Mais le tableau est sombre : Théoden apparaît comme un vieillard voûté sur son trône, les cheveux blancs et ternes, le regard vitreux. À ses pieds, un individu à la mine sournoise, Gríma dit Langue-de-Serpent, lui susurre des mots de poison à l’oreille. Sous l’influence de ce perfide conseiller, le roi semble n’être plus que l’ombre de lui-même.

Gandalf, Aragorn, Legolas et Gimli entrent dans la grande salle de Meduseld malgré les protestations de Gríma qui tente de les faire expulser. D’un ton impérieux, Gandalf apostrophe le roi : « Théoden, fils de Thengel, depuis quand un monarque du Rohan accueille-t-il si froidement ses hôtes ? » Gríma s’interpose : d’une voix mielleuse, il accuse les étrangers de mentir et exhorte son maître à ne pas les écouter. Gandalf plante alors son bâton dans le sol avec colère : « Assez, Langue de Serpent ! » tonne-t-il. Une lumière blanche jaillit autour de lui. Saisi d’effroi, Gríma recule en trébuchant.

Tous les yeux se tournent vers le roi Théoden. Gandalf s’avance et, levant son bâton comme pour chasser une ombre, il semble parler non plus à l’oreille du roi mais à son esprit : « Levez-vous, Théoden ! » commande-t-il d’une voix profonde qui résonne dans toute la salle. Un instant, le vieil homme chancelle comme en proie à un mauvais rêve. Puis il se lève lentement de son trône. Ses yeux s’éclaircissent, son dos se redresse peu à peu. On dirait qu’il rajeunit sous nos yeux. Autour, nobles et gardes murmurent d’ébahissement : leur roi est de retour.

Théoden respire profondément, comme un homme qui s’éveille après un long cauchemar. Son regard tombe sur Gríma, blotti à terre tel un chien pris en faute. Soudain conscient de la trahison dont il a été victime, le roi entre dans une fureur digne de ses jeunes années. Il arrache l’épée rouillée posée sur ses genoux, Herugrim, la lame de ses ancêtres, et la pointe vers son ancien conseiller tremblant. Gríma blêmit et rampe en arrière en gémissant : « Pitié, mon seigneur ! » Autour, on s’attend à voir le roi le transpercer de sa vieille épée. Mais Gandalf pose doucement la main sur le bras de Théoden : « Pas de sang sur le seuil de ta maison. Pas aujourd’hui. » Théoden, reprenant le contrôle de lui-même, hoche la tête et abaisse son épée. D’une voix ferme, il condamne Gríma à l’exil hors du Rohan. L’infâme Langue-de-Serpent, couvert de honte et de colère impuissante, est chassé du palais sous les huées.

Quelques heures plus tard, un vent nouveau souffle sur Edoras. Le roi Théoden, désormais lucide et plein d’une énergie rajeunie, se tient sur la colline avec Gandalf, Aragorn et ses capitaines. Il faut agir vite pour protéger le peuple. Gandalf conseille de conduire toute la population en sécurité derrière les fortifications du Gouffre de Helm, au creux des montagnes. Théoden acquiesce et ordonne sans tarder l’évacuation d’Edoras vers le Gouffre de Helm avant la tombée de la nuit.

Alors que l’exode se met en place dans l’urgence, Gandalf confie au roi qu’il craint malgré tout que les forces rassemblées du Rohan ne suffisent pas. « Allez au Gouffre de Helm, défendez-le jusqu’au petit jour du cinquième jour, dit-il gravement. À l’aube, regardez vers l’est ! » Sur ces mots sibyllins, Gandalf enfourche son fidèle destrier Gripoil et quitte Edoras au galop vers le nord, disparaissant bientôt à l’horizon. Théoden, épaulé par Aragorn, Legolas et Gimli, mène alors son peuple hors de la cité. Derrière eux, Meduseld la dorée se vide et s’éteint. Au loin, de sombres nuages s’amoncellent déjà au-dessus des terres du Rohan…

Chapitre VII

Le peuple du Rohan parvient de justesse au Gouffre de Helm avant la tombée de la nuit. Cette forteresse ancestrale, adossée à la montagne, sera leur dernier bastion. Tandis que femmes, enfants et vieillards se terrent au fond des cavernes, Théoden dispose ses quelques centaines de guerriers sur les remparts de pierre. Aragorn et Éomer parcourent les rangs, murmurant courage et espoir aux hommes transis. Mais chacun sent bien que l’épreuve sera terrible : face à eux se masse dans la vallée une armée innombrable d’Orques et d’hommes sauvages à la solde de Saroumane. Le tonnerre de leurs chants de guerre roule sous le ciel noir d’orage. Sur les créneaux détrempés par la pluie, archers et piquiers rohirrim attendent, le cœur battant, l’assaut inévitable.

Enfin le cri bestial des Uruk-hai retentit, et la bataille du Gouffre de Helm commence. Des échelles s’abattent contre les murailles : des grappes d’Orques hurlants les escaladent, brandissant crocs et cimeterres. Des flèches sifflent ; des pierres sont jetées du haut des tours. Legolas vise et décoche sans faillir, fauchant l’ennemi d’un œil perçant. À la grande porte, Gimli se dresse aux côtés d’Éomer, ferraillant de sa hache contre les Uruk-hai qui tentent de forcer le passage. Partout les Rohirrim combattent avec l’énergie du désespoir, mais pour chaque Orque abattu, dix surgissent derrière. Le fort entier résonne de fracas métalliques, de hurlements d’agonie et de râles de fureur. Bientôt, une explosion épouvantable secoue la muraille : un Orque porteur d’une bombe a fait sauter la canalisation qui protégeait le mur. Une brèche béante s’ouvre par où les Orques se ruent en masse à l’intérieur du gouffre.

Le repli est sonné vers la citadelle intérieure, le dernier réduit. Dans la cour, Théoden se bat comme un lion, l’épée d’Herugrim étincelante de sang noir. Aragorn, blessé à la tempe, exhorte les troupes à tenir encore un peu. « Tenez vos positions ! Ne flanchez pas, au nom du Rohan ! » Mais l’ennemi submerge tout. Avant l’aube, les défenseurs restants se retrouvent acculés dans le Hornburg, prêts à vendre chèrement leur vie.

Au petit matin, au moment où l’espoir s’éteint, voici que résonne un cor puissant du haut des collines à l’est. Gandalf apparaît sur une crête, drapé de blanc sous les premiers rayons du soleil. À ses côtés se déploie une ligne de cavaliers : Erkenbrand et les hommes du Ouestfolde qu’il a rassemblés dans la nuit. Ils descendent la pente à toute allure, chargeant les Orques par derrière. Théoden, voyant cela, retrouve un élan héroïque : il entraîne ses soldats restants dans une sortie impétueuse par la grande porte. Pris entre deux forces, surpris par la lumière du jour qui les aveugle, les Orques s’affolent et se débandent. En quelques minutes, cette armée de ténèbres est mise en déroute. Pour fuir, les monstres s’enfoncent vers le bois lugubre qui a mystérieusement poussé derrière eux durant la nuit, une forêt mouvante envoyée par Sylvebarbe et les Ents de Fangorn. Les Uruk-hai s’y engouffrent… pour ne plus jamais reparaître. La bataille du Gouffre de Helm s’achève ainsi au cinquième jour, au lever du soleil, dans la victoire in extremis des défenseurs du Rohan. Théoden, exsangue et triomphant, peut laisser couler ses larmes pour les braves tombés et murmurer : « La nuit se dissipe… Le jour vient enfin. »

Chapitre VIII

Au lendemain de la victoire, Aragorn, Legolas, Gimli et le roi Théoden chevauchent vers Isengard en compagnie de Gandalf. La vallée devant le Gouffre de Helm a changé d’aspect : la forêt de Fangorn, qui s’était avancée pendant la nuit, s’est déjà retirée. À sa place, les champs sont couverts de cadavres d’Orques, les derniers vestiges de l’armée de Saroumane. Personne ne sait exactement ce qui est advenu dans l’ombre mouvante des arbres, mais nul n’ose s’en plaindre : la menace orque est éradiquée.

Gandalf presse le pas. Ils parcourent les plaines ravagées du Rohan jusqu’au fleuve Isen, puis longent ses rives vers le nord. Bientôt, au détour du chemin, un étrange panorama se dévoile à eux : la vallée de l’Isengard, autrefois verdoyante et cerclée d’un mur de pierre noire, est maintenant inondée ! Un immense lac s’étend là où se trouvaient hier les forges fumantes de Saroumane. Seul émerge au centre l’obscure tour d’Orthanc, ronde et lisse comme une dent de fer. L’eau clapote autour, striée de débris flottants, branches, poutres, échafaudages. L’Isen rugit encore, détourné de son lit naturel : manifestement, quelqu’un a rompu les digues et laissé le fleuve submerger la forteresse de l’Ennemi. Le visage de Gandalf s’éclaire : c’est l’œuvre des Ents de Sylvebarbe, sans aucun doute.

Approchant prudemment de la grande porte fracassée de l’enceinte, les cavaliers entendent soudain un éclat de rire. À l’entrée d’Isengard, perchés sur un amas de pierres brisées, deux petites silhouettes se tiennent assises en fumant la pipe comme à une fête champêtre. « Bienvenue, mes seigneurs, dans l’Isengard inondé ! » lance Merry d’un ton réjoui en voyant apparaître le roi et Gandalf. Pippin se lève et s’incline théâtralement : « Voulez-vous vous joindre à notre pique-nique ? Nous avions justement presque fini toutes les victuailles… » Surpris, Théoden regarde ces semi-hommes en haillons qui le saluent comme de vieux amis. Aragorn éclate de rire le premier, bientôt suivi par Legolas et Gimli : « Merry ! Pippin ! Vous êtes sains et saufs ! » Les deux Hobbits descendent de leur perchoir et viennent embrasser chaleureusement leurs compagnons. Dans ce décor de ruine trempée, leur bonne humeur est un rayon de soleil. Même Gandalf esquisse un sourire : « Il semblerait que vous ayez trouvé de quoi vous sustenter, mes gaillards… – Oh oui, répond Merry en tapotant son ventre sous la vieille veste trop grande qu’il porte. Un ou deux celliers de Saroumane ont souffert de notre curiosité, je le crains ! »

Théoden ne peut s’empêcher de rire à son tour devant l’insouciance adorable de ces créatures. Lui qui n’avait jamais vu de Hobbits en est ravi. Mais Gandalf ramène bientôt tout le monde au sérieux d’un éclaircissement de gorge : « Nous nous réjouirons plus tard. L’heure est à discuter avec le maître de ce lieu. » Et sur ces paroles, le petit groupe s’avance prudemment dans les eaux peu profondes du lac improvisé, en direction de la tour d’Orthanc où Saroumane demeure retranché…

Chapitre IX

À l’abri d’un pan de mur effondré, tout le monde s’installe pour entendre l’histoire de la chute d’Isengard. Assis sur un tonneau éventré, Merry prend une bouffée de sa pipe et entame son récit d’un ton enjoué : « Figurez-vous, sire Théoden, que lorsque nous sommes arrivés ici avec Sylvebarbe et ses Ents, l’Isengard ne ressemblait pas encore à cette charmante piscine. C’était plutôt une fourmilière d’Orques et de machines infernales… »

Le Hobbit raconte comment, la veille au crépuscule, les Ents ont lancé l’assaut contre la forteresse de Saroumane. D’abord, ils ont enfoncé la grande porte d’Isengard comme on cueille une marguerite : sous les coups colossaux de Sylvebarbe, l’énorme portail a cédé en un rien de temps. Les Orques postés derrière se sont fait écraser ou disperser en un clin d’œil. « Les pauvres diables n’avaient encore jamais vu un Ent en colère… Ils ont fui comme des lapins ! » commente Pippin en ricanant. Une fois la porte franchie, les géants de bois se sont engouffrés dans la vaste cour intérieure. Là, ils se sont heurtés à des machines étranges, des engins de fer crachant du feu et de la fumée noire. Saroumane, du haut d’Orthanc, hurlait des ordres frénétiques à ses serviteurs pour défendre ses précieuses forges. Mais rien n’arrête un Ent déterminé : les plus robustes d’entre eux ont piétiné les roues et brisé les engins de guerre comme fétus de paille.

En moins d’une heure, toutes les forges, toutes les tours de garde et tous les entrepôts d’armes d’Isengard étaient pulvérisés. Saroumane s’est retranché dans sa tour, fou de rage impuissante. C’est alors que Sylvebarbe a lancé son appel final : d’une voix qui a fait trembler la vallée, il a commandé à l’Isen de sortir de son lit. Sous les yeux ébahis de Merry et Pippin, les barrages retenant la rivière ont cédé d’un coup, sans doute l’œuvre d’un petit Ent malin envoyé en catimini. Une énorme vague a déferlé sur la plaine, engloutissant tout sur son passage. Les derniers Orques survivants ont été balayés par l’eau ou se sont enfuis en hurlant. En quelques minutes, l’Isengard s’est transformé en lac. Seule la tour d’Orthanc est restée droite, imprenable, au milieu des flots. Saroumane y était coincé comme un rat dans un piège. Les Ents, qui n’aiment guère l’eau profonde, se sont contentés de l’assiéger : postés tout autour de la tour, ils surveillent nuit et jour que le magicien n’en sorte pas.

Lorsque Merry achève son histoire, Théoden pousse un grand soupir et secoue la tête d’émerveillement. Jamais il n’aurait cru vivre assez longtemps pour voir pareil renversement de fortune, un ennemi si puissant réduit en un jour à l’impuissance la plus totale. « Les chants de nos ménestrels n’exagéraient pas la vaillance des Ents ! » s’exclame-t-il en riant. Gandalf hoche la tête en souriant : « Et ce n’est pas fini, mon ami. L’Entmoot n’a déclaré que le début de cette guerre… D’autres batailles nous attendent. Mais pour l’heure, laissons Saroumane mijoter dans son eau croupie. Il est temps de nous présenter à lui… » Sur ces mots, le vieux magicien blanc se lève et invite Théoden à l’accompagner jusqu’au pied d’Orthanc. Le moment est venu de parler au traître vaincu. Suivi de ses gardes d’élite, le roi du Rohan emboîte le pas à Gandalf, non sans avoir adressé un dernier clin d’œil reconnaissant aux deux jeunes Hobbits, ces joyeux diables qui ont su garder espoir et malice au milieu du naufrage.

Chapitre X

Devant la tour d’Orthanc encerclée par les eaux, Gandalf, Théoden, Aragorn et quelques chevaliers attendent que Saroumane daigne apparaître à une fenêtre. Le traître ne se fait pas prier longtemps : sur un balcon noir perché haut dans la tour, une silhouette drapée de blanc se montre. Saroumane le Multicolore surplombe ses visiteurs d’un regard fier et glacé. Pourtant, lorsqu’il prend la parole, sa voix est d’une douceur enchanteresse.

Il s’adresse à eux d’un ton plaintif et mielleux, les appelant « mes amis » et prétendant n’avoir jamais voulu cette guerre. D’une voix charmeuse, il offre au roi Théoden paix et alliance, promettant de le grandir s’il accepte son conseil.

Un silence hypnotique plane. On voit Théoden vaciller comme sous le coup d’un doute immense. Les gardes du Rohan baissent leurs lances, émus par la bienveillance feinte du magicien. Mais tout à coup, une autre voix s’élève au pied de la tour, forte et claire : « Saroumane ! » tonne Gandalf le Blanc. « Vos paroles sont comme du sucre empoisonné. Nous n’avons plus affaire à vous. » Le sortilège vocal se brise net. Théoden cligne des yeux, la tête haute à nouveau. Saroumane, voyant son charme dissipé, laisse exploser sa colère. Il injurie Gandalf et ses alliés avec une fureur mauvaise, dévoilant enfin sa vraie nature. La haine déforme son visage. Gandalf demeure calme et lui offre une ultime chance de se racheter : qu’il renonce à ses machinations, qu’il rende son bâton et descende de sa tour. En échange, sa vie sera épargnée.

Saroumane éclate d’un rire mauvais et refuse d’un hurlement l’offre de Gandalf. Puis, fou de rage, il braque son sceptre vers le magicien et profère une malédiction dans la langue noire. Mais Gandalf a déjà levé son bras : il prononce à son tour un mot d’autorité, et la scène qui s’ensuit pétrifie d’effroi tous les témoins. Le bâton de Saroumane éclate dans sa main avec un bruit sec, comme un morceau de verre foudroyé. Un éclair blanc jaillit autour de la tour, la faisant trembler sur ses fondations. Saroumane pousse un cri de douleur et de terreur, on le voit chanceler et disparaître à l’intérieur, hors de vue. Gandalf, tel un juge solennel, proclame d’une voix claire : « Saroumane, par cet acte tu es rejeté de l’Ordre des Mages et du Conseil ! Ton bâton est brisé, et ton pouvoir est fini. »

Un lourd silence retombe, seulement troublé par le clapotis de l’eau croupie autour d’Orthanc. Théoden et ses hommes respirent à nouveau. Mais soudain, un objet noir et massif vole au travers des airs depuis la fenêtre d’une haute salle. Il tombe en rebondissant tout près de Gandalf dans un grand plouf. L’objet se révèle n’être qu’un lourd globe de pierre parfaitement poli, qui roule aux pieds de Pippin. Celui-ci le ramasse machinalement. « Laissez cela ! » intervient Gandalf en bondissant. Il prend la sphère des mains du jeune Hobbit et l’enveloppe prestement dans un pan de son manteau, déclarant qu’ils examineront ce curieux projectile plus tard. Sur ce, Gandalf tourne les talons : « Quittons ces lieux maudits, dit-il. Saroumane est vaincu et ne s’échappera pas d’Orthanc, mais notre mission continue ailleurs. »

Livre IV

Chapitre I

Frodon et Sam capturent Sméagol/Gollum, qui les suivait. La scène pose un rapport de force instable : menace, corde, serment, et surtout une tentative d’obtenir de Sméagol un engagement concret à guider. Frodon adopte une posture de responsabilité : il impose des limites, mais garde une ouverture morale, espérant réduire la violence future par une forme de confiance encadrée.

Chapitre II

Sméagol conduit les Hobbits à travers les Marais des Morts. La progression est lente et psychologiquement corrosive : lumières trompeuses, visions de morts sous l’eau, fatigue qui dissout la concentration. La menace d’un Nazgûl renforce l’idée d’une surveillance permanente. Le chapitre met en scène l’usure comme une arme du Mordor, avant même l’entrée sur son territoire.

Chapitre III

Le trio arrive au Morannon et constate l’impossibilité assumée d’un passage frontal. La Porte Noire est non seulement fermée, mais entourée d’une logique militaire (surveillance, mouvements) qui rend la tentative suicidaire. Sméagol propose alors un autre chemin vers le Mordor, passant par Cirith Ungol. Frodon choisit le détour, au prix d’un risque non mesurable.

Chapitre IV

En Ithilien, Sam tente de cuisiner et de préserver une normalité minimale, mais cette parenthèse attire l’attention. Les Hobbits voient la guerre se matérialiser autrement : passage d’hommes du Sud, violence, et présence d’animaux de guerre évoqués par Sam. Ils sont capturés par les Rangers de Gondor et conduits à Faramir, qui initie un interrogatoire prudent.

Chapitre V

Faramir conduit les Hobbits à un refuge caché, Henneth Annûn, et cherche à comprendre leur histoire sans brutalité inutile. Le chapitre situe Gondor comme un royaume en défense, obligé de choisir ses priorités entre survie militaire et principes. Frodon révèle des éléments suffisamment significatifs pour éveiller la curiosité de Faramir, sans exposer totalement l’Anneau. Sméagol reste une ombre marginale, dont les absences signalent déjà la fragilité du pacte.

Chapitre VI

Sméagol est surpris dans le bassin interdit. Les hommes de Faramir, prêts à l’exécuter, exposent la logique de guerre : éliminer le risque. Frodon obtient la clémence, ce qui renforce son rôle de porteur d’une responsabilité morale coûteuse. Faramir libère ensuite les Hobbits, les équipe et les avertit, tout en reconnaissant le danger qui les entoure.

Chapitre VII

Le trio avance vers l’est, traverse un paysage chargé de signes de ruine et de mémoire. La Croisée des Chemins apparaît comme un seuil symbolique vers l’ombre. La proximité de Minas Morgul et les mouvements ennemis rendent l’avancée plus tendue : il ne s’agit plus de “voyager”, mais de se faufiler à portée immédiate d’une force hostile.

Chapitre VIII

Les Hobbits grimpent des escaliers interminables sous une fatigue croissante. Sam devient plus soupçonneux envers Sméagol, qui se retire fréquemment et semble “se parler”. Le chapitre prépare l’embuscade sans la dévoiler frontalement : Sméagol guide toujours, mais sa trajectoire est aimantée par une alliance secrète avec une puissance du lieu.

Chapitre IX

L’entrée du tunnel (Torech Ungol) conduit à l’attaque d’Arachne. Frodon est neutralisé par le venin, et Sam affronte la créature avec une énergie de survie. Sam croit un moment Frodon mort et prend l’Anneau. L’arrivée d’Orques renverse cette perception : Frodon est vivant et capturé. Le chapitre clôt l’arc “marche” et ouvre l’arc “sauvetage”.

Chapitre X

Sam doit choisir entre continuer seul la quête ou sauver Frodon. Il opte pour le sauvetage, s’infiltre dans le territoire de Cirith Ungol, et apprend par les conversations des Orques que son maître est détenu. Le tome se termine sur une tension fermée : portes, gardes, peur, et détermination solitaire de Sam.

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