La mythologie | Edith Hamilton

D’après les scientifiques, l’âge de notre bonne vieille planète Terre dépasserait les quatre milliards d’années. Ses entrailles bouillonnent encore et toujours dans un magma prêt à être recraché à la surface de la croûte terrestre dès que la pression devient trop grande. La Terre a besoin de ses évacuations de matière pour se réguler d’elle-même. Une infime partie de ce phénomène est visible lors d’éruptions volcaniques. Tout le monde connaît l’Etna en Sicile ainsi que l’Eyjaföll islandais dont le panache de cendres a bloqué, durant quelques jours en 2010, l’espace aérien européen.

Les images spectaculaires de volcans en pleine éruption nous rappellent que cette démonstration de puissance a de tout temps fasciné les hommes. Et la mythologie gréco-romaine est là pour nous le prouver avec Héphaïstos (Vulcain en latin), le dieu du feu qui avait pour lieu de résidence légendaire … l’Etna!

Un livre qui, apparemment, continue d’être une des références dans l’explication des mythologies antiques se trouvait depuis trop longtemps fossilisé dans ma bibliothèque. Il était temps de l’ouvrir afin de découvrir ces histoires d’arrières-mondes qui ont survécu aux affres des siècles. J’appelle à la barre l’ouvrage “La mythologie: ses dieux, ses héros, ses légendes” d’Edith Hamilton (1). Analyse.

Quand on ne connaît presque rien à la mythologie, et c’est mon cas, on se demande à quelle sauce le livre nous mangera. J’ai en mémoire mon peu d’attrait sur les bancs de l’école pour cette thématique que je considérais comme compliquée et (trop) codée. Le livre d’Edith Hamilton aura eu le talent de remettre de l’ordre dans mes préjugés. L’introduction est une belle mise en contexte sur la mythologie dans la vie des hommes, un mélange de contes populaires qui se sont transformés à mesure qu’ils passaient de la plume d’un poète à un autre. On pourrait ainsi dire que l’année zéro de la mythologie grecque commence il y a plus de huit siècles avant notre ère avec Homère et que l’histoire se referme au IIème siècle (de notre ère cette fois-ci) avec Lucien de Samosate. Durant cette période, l’auteure nous apprend à faire la différence entre la mythologie et le fait religieux:

“ Pour une grande part, la mythologie grecque est faite de récits concernant les dieux et les déesses, mais il ne faudrait pas la considérer comme une sorte de Bible grecque, un exposé de la religion grecque. Si l’on en croit les conclusions les plus modernes, les mythes n’ont rien à voir avec le sentiment religieux ; ils seraient plutôt l’explication des phénomènes de la nature, tels que la naissance d’une partie de l’univers, arbre ou fleur, soleil, planètes, tempêtes, ou éruptions volcaniques, tremblements de terre, bref tout ce qui existe et tout ce qui se passe. Zeus en brandissant son foudre provoque le tonnerre et les éclairs. Un volcan entre en éruption parce qu’une créature horrible est emprisonnées dans la montagne et se débat pour se libérer. […] Les mythes représentent la science des premiers âges, ils sont le résultat des premières tentatives des hommes pour expliquer ce qu’ils voient autour d’eux. (2) “

Les dieux et les déesses gréco-romaines prennent forme sous la plume d’Edith Hamilton qui liste leurs caractéristiques et une multitude de récits dans lesquels ils apparaissent. Il est d’ailleurs intéressant de noter que les grecs avaient imaginé des divinités ayant aussi des défauts humains (Zeus était un coureur de jupons, Héra était rusée et jalouse, etc.) Ce qui donne à voir dans la mythologie grecque les prémisses de la comédie et de la satire. Ainsi l’auteure dresse un résumé de chaque légende. Il y en a des dizaines. Pour s’y retrouver, un arbre généalogique se retrouve en fin d’ouvrage afin de ne pas se sentir perdu dans ce dédale d’histoires familiales. Et ce n’est pas peu dire que la mythologie grecque est fouillée tant les relations entre les héros sont nombreuses. (3)

Au vu de l’exhaustivité du livre, celui-ci est à utiliser tel un outil pour mieux comprendre la mythologie et pourquoi elle a réussi à traverser les siècles tout en inspirant un genre dont le succès, depuis plusieurs années, ne se tarit pas: le fantastique. De Tolkien en passant par J.K. Rowling, les sagas fantasy ne cesse de faire vibrer les lecteurs-spectateurs du monde entier. L’humain a, sans doute, besoin de cette mise à distance vis-à-vis de l’âpreté du monde réel pour mieux affronter ce dernier … à condition de ne pas s’enfermer dans une croyance qui consisterait à faire remplacer le réel par le conte, la fable, la mythologie. Cette dernière, comme je l’ai écrit plus haut était un moyen d’explication du réel.

Enfin, Edith Hamilton consacre aussi un chapitre à la mythologie nordique non moins importante que la gréco-romaine puisqu’elle a laissé des traces encore bien visibles à l’heure actuelle. Il suffit de chercher la signification des jours de la semaine en anglais (tuesday, wednesday, thursday et friday) pour se rendre compte que les légendes nordiques font partie de notre quotidien tout comme certains volcans qui n’ont pas fini de cracher leur énergie bouillonnante en nous disant … Humain ne te prend pas pour ce que tu n’es pas. 😉


(1) HAMILTON E., La mythologie: ses dieux, ses héros ses légendes, Éditions Marabout, 1978.

(2) Ibid., P.11

(3) https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a4/Arbre_g%C3%A9n%C3%A9alogique_des_dieux_et_h%C3%A9ros_grecs.jpg

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